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    (II 1,1-17 = BG 19,6-20,3)

    1 (Ceci est) l’enseignement [du Sau]veur et la ré[véla]tion des m[ystères qui sont] cachés dans (le) silence [et de ceux qu’] il avait enseignés à Jean [son dis]ciple.

    5 Il arriva, pendant l’un de ces [jours] (de fête) où Jean [frère] de Jacques, — ce sont les fi[ls] de Zé[béd]ée — était monté (à Jérusalem, qu’)il monta au Temple. Un [pha]risien nommé Arimanios s’ap[procha] de lui et 10 lui dit : « Où est ton Maître, celui que tu suivais ? » Je lui dit : « Il est retourné dans le lieu d’où il était venu. » Le pharisien [me dit] : « [par tromperie] il vous a trompés [ce Nazôréen] 15 et il a empli [vos oreilles de mensonges] et il a fermé [vos coeurs et vous a détournés] des tradi[tions de vos pères] ».

    (II 1,17-29 = BG 20,4-18)

    [Lorsque j’] enten[dis] ces propos, moi [Jean je me détournai] du Tem[ple . . . . . . . . . . . . . . . . . ] 20 Et je fus [très] affligé [ . . . . . . . . . . ] . . . : « Comment le Sauveur [a-t-il été mandaté ?] Et pourquoi a-t-il été envoyé [dans le monde] par [son Père ? Et qui est son] père qui l’a [envoyé ? Et de quelle nature est] 25 cet éon [ . . . . . . . . . . . . ] En effet quel [ . . . . . . . . . nous a dit] que cet éon [ . . . . . . . . . . a reçu la fi]gure de l’éon [incorruptible mais ne nous a pas en]seigné [de quelle nature] était celui-ci.

    (II 1,30-2,9 = BG 20,19-21,13)

    30 À cet instant, [alors que je pensais à ces choses voi]ci que les [cieux s’ouvrirent . . . . . . . devint] lumineuse [toute] la créa[tion qui se trouve en] dessous des cieux et que [le monde] fut ébranlé. 2 J’[eus peur . . . . . . . je] vis dans la lumière [un homme qui se tenait] debout auprès de moi. Alors que je [le] voyais [il devint] semblable à un (être) grand puis il [changea son] apparence devenant semblable 5 à un serviteur . . [. . . . . . . .] devant moi. C’était une [image] ayant de multiples formes dans la lum[ière], dont les [aspects] se manifestaient mutuellement [et] dont l’[aspe]ct avait une triple forme.

    (II 2,9-25 = BG 21,14-22,16)

    [Il] me dit : « Jean, 10 J[ea]n, pourquoi doutes-tu ? Pourquoi as-tu peur ? Ne sois pas étranger à cette apparence, c’est-à-dire ne [sois pas] pusillanime. Je suis [avec vous] en tout temps. Je [suis le Père, je suis] la Mère, je suis le Fi[ls]. 15 Je suis sans souillure et sans mélange. Mainte[nant je suis venu pour t’instrui]re de ce qui est, [de ce qui a été et] de ce qui doit [advenir], afin que [tu connaisses les] choses non-manifestées [comme les choses manifestées et que je t’instruise] au sujet de la gé[nération 20 inébranlable de l’Homme parfait].

    « Maintenant [ . . . . . . . . . . . . . . . . . afin ] que tu [reçoives ce que je t’enseignerai] aujourd’hui et que [tu le présentes à ceux qui parta]gent le même Esprit que toi, eux qui font partie de la race [inébranlable] de l’Homme parfait. »

    (II 2,25-33 = BG 22,16-23,3)

    25 [Alors moi, j’in]terrogeai afin de [comprendre cela. Il] me [dit] : « La monade [est une mon]archie que rien ne domine ; [elle est le Di]eu et Père de toute chose, [l’Invisi]ble qui domine 30 [sur toute chose (lui) qui est dans] l’Incorruptibilité, étab[li dans la] lumière pure qu’[aucun œil ne peut re]garder. Il [est l’Esprit] invisible.

    (II 2,33-3,7 = BG 23,3-14)

    « Il n’est pas convenable de le [concevoir] comme (on conçoit) les dieux ou en des termes 35 similaires. Il est en effet plus qu’un dieu car nul n’existe au-dessus de lui, car nul ne le 3 domine.

    « [Il n’existe] pas (non plus) en quelque chose qui lui soit inférieur, [puisque tout] existe en lui seul. [Il est éternel] puisqu’il n’a pas besoin [de quoi que ce soit], car il est absolument parfait. 5 Il ne [manque de] quoi que ce soit qui puisse le rendre (plus) parfait. Il est [au contraire] totalement parfait en tout temps dans la lu[mière].

    (II 3,8-20 = BG 23,15-24,9)

    « [Il est il]limité car nul n’existe [avant lui] pour le limiter. Il est indis[tinct car] nul n’existe 10 avant lui pour lui [imposer une distinction]. Il est incommensurable car nul [n’a existé avant lui pour le mesurer]. Il est in[visible car] nul ne l’a vu. [Il est éternel, existant] éternellement. Il est in[dicible, car] 15 nul ne peut l’appréhender afin de le dire. [Il est in]nommable car [nul n’existe avant lui] pour lui donner un nom.

    « Il est [une lumière incommensurable], sans mélange, sainte [et pure.] Il est l’indicible, [parfait] dans (son) 20 incorruptibilité.

    (II 3,20-25 = BG 24,9-19)

    « Il n’est ni [per]fection, ni béa[tit]ude, ni divin[ité], mais il est [supérieur] (à ces notions). Il n’est ni [cor]porel [ni in]corporel, ni grand ni petit. 25 [Il n’existe pas] de moyen qui permette de dire qu’il est une quantité ou une [ . . . . . ].

    (II 3,26-36 = BG 24,19-25,9)

    « Nul ne peut en effet [le penser], (car) il ne fait pas partie de ceux qui [existent, mais] (leur) est bien supérieur, non du fait de sa supério[rité], mais en lui-même.

    « Il ne fait pas partie des éons, ni 30 du temps, car si quelqu’un fait partie d’un éon c’est que d’autres ont préparé cet (éon) antérieurement pour lui. [Il n’a pas été] soumis à une division temporelle [puisqu’il] n’a rien reçu d’un [autre]. Ce que l’on reçoit est un emprunt (fait à un autre), or celui qui est premier n’existe pas 35 de façon à recevoir de lui-même.

    (II 3,36-4,10 = BG 25,9-22)

    « Il se regarde lui-[même] dans 4 sa lumière. [ . . . . . . . . ] il est (la) grandeur. Il est un être d’une incommensurable [pu]reté. (Il est) éon, dispensateur d’éon, vie, dispensateur de [vie], [bien]heureux, dispensateur de 5 béatitude, connaissance, dispensateur de connaissance, bien, dispensateur de bonté, miséri[cordieux, dispensateur de] miséricorde et de salut, grâce, dispensateur de grâce, [non] parce qu’il possède mais parce qu’il donne. (Il est) [la lumière] incommensurable et incorruptible.

    (II 4,10-19 = BG 26,1-14)

    10 « [Comment parlerais-je] de lui [avec toi] ?

    « Son [Éon] est incorruptible, en quiétude et [se reposant en silence], (lui qui) est préexistant [à toute chose. Il est] en effet la tête de [tous] les Éons [et] c’est lui qui leur donne consistance 15 par sa bonté. Nous, [nous ne connaissons] de [ces choses incompréhensibles ni] ne comprenons de ces choses [incommensurables] que ce [qui] a été révélé par lui, le Père. C’est lui [seul] qui nous a [par]lé.

    (II 4,19-31 = BG 26,15-27,10)

    « Lui (l’Esprit) se regarde 20 lui [même] dans sa (propre) lumière qui [l’]entoure, c’est-à-dire la source d’eau vive, et il produit [tous] les éons. En toute forme, il [conçoit] sa propre image en la voyant dans la source de l’Es[prit, en] exprimant sa volonté par 25 l’e[au] lumineuse [qui se trouve dans la sour]ce de l’e[au de lumière pure qui] l’entoure.

    « Alors [sa Pensée devint] une œuvre et apparut, s’étant ma[nifestée] devant lui dans le flamboi[ement de] sa lumière. Elle est la 30 première [puissance] (celle) qui a existé avant tous ceux [qu’elle a manifestés] par sa pensée.

    (II 4,32-5,11 = BG 27,10-28,4)

    « Elle est [la Pronoia de toutes choses], la lumière [qui illumine, l’image de la] lumière de (l’Esprit).

    « (Elle est) la Puissance [parfaite] qui [est l’im]age de l’invisible 35 Esprit virginal (et) parfait. [Elle est la première] puissance, la glorieuse Barbélô, gloire 5 parfaite dans les éons, gloire de la manifestation. Elle rendit gloire à l’Esprit virginal et le loua car c’est de lui qu’elle avait été manifestée.

    « Elle qui est la première Pensée, 5 l’image de cet (Esprit), elle fut la matrice de tout car elle existe avant eux tous. (Elle est) la Mère-Père, l’Homme primordial, l’Esprit Saint, le triple mâle, la triple puissance, le triple nom androgyne, 10 l’Éon éternel parmi les (éons) invisibles et la première (à être) sortie.

    (II 5,11-6,2 = BG 28,5-29,8)

    « Elle (Pronoia) demanda à l’invisible Esprit virginal, qui est Barbélô, que lui soit donnée (la) prescience. Et l’Esprit fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, 15 Prescience apparut et se tint auprès de Pronoia, — celle qui provient de la Pensée de l’invisible Esprit [vir]ginal — rendant gloire à cet (Esprit) et à sa puissance parfaite Barbélô 20 par qui elle est venue à l’existence.

    « Et à nouveau, (Pronoia) demanda que lui soit donnée l’[incorruptibilité]. Et l’Esprit fit un signe d’assentiment. De par [son signe d’assentiment], Incorruptibilité [se révéla], se [tint] avec Ennoia et Prescience, rendant gloire 25 à cet invisible Esprit et à Barbélô, celle par [l’intervention] de qui elles étaient venues à l’existence.

    « Barbélô demanda alors que lui soit donnée la vie éternelle et l’invisible Esprit fit un signe d’assentiment. Alors, du fait de son signe d’assentiment, Vie-éternelle 30 se révéla et, [se tenant (toutes) debout], elles rendirent gloire à l’invisible [Esprit] ainsi qu’à Barbélô, celle par [l’intervention de qui] elles étaient venues à l’existence.

    « Et elle demanda encore que lui soit donnée la ver[ité]. Et l’invisible Esprit ayant fait un signe d’assentiment, Vérité se révéla. 35 Alors elles se tirent (toutes) debout et rendirent gloire à l’Esprit invisible et accueillant 6 et à sa Barbélô par l’intervention de qui (Vérité) était venue à l’existence.

    (II 6,3-10 = BG 29,8-18)

    « Telle est la pentade des éons du Père, qui s’identifie à l’Homme primordial, image de l’Invisible Esprit 5 qu’est Pronoia, c’est-à-dire Barbélô, (pentade composée) d’Ennoia ainsi que de Prescience, d’Incorruptibilité, de Vie-éternelle et de Vérité. Telle est la pentade des éons androgynes qui constitue la décade des éons, c’est-à-dire 10 le Père.

    (II 6,10-18 = BG 29,19-30,8)

    « Et (l’Esprit) regarda vers Barbélô, par le biais de la lumière pure qui entoure l’invisible Esprit et dans son flamboiement. Et elle conçut de lui et il donna naissance à une étincelle de lumière, à l’image de la lumière bienheureuse, mais ne lui étant [pas] égale 15 en grandeur.

    « C’est le Monogène de la Mére-Père que (le Père) a manifesté, lui qui est son unique rejeton, le Monogène du Père, la lumière pure.

    (II 6,19-33 = BG 30,9-31,4)

    « Alors l’invisible Esprit virginal se réjouit 20 de ce que la lumière était venue à l’existence, de ce qu’elle avait commencé à être manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il oignit ce (Monogène) de sa Bonté/Messianité pour qu’il devienne parfait, (pour) qu’il n’ait 25 aucune déficience de Bonté/Messianité puisqu’il a été oint de la Bonté/Messianité de l’invisible Esprit. Et (le Monogène) se tint en présence de l’(Esprit) pendant que celui-ci versait sur lui (sa bonté). Et aussitôt qu’il eut reçu de l’Esprit (cette bonté), il rendit gloire à l’Esprit Saint 30 et à la Pronoia parfaite { } par qui il avait été manifesté.

    (II 6,33-7,4 = BG 31,5-11)

    « Et (le Monogène) demanda que lui soit donné un partenaire, l’intellect. L’invisible Esprit fit un signe d’assentiment et, 35 lorsqu’il eut fait un signe d’as[senti]ment, 7 Intellect se manifesta et se tint auprès du bon/Christ, glorifiant celui-ci ainsi que Barbélô.

    « Toutes (les œuvres qui précèdent) ont été produites en silence et (par) la Pensée.

    (II 7,4-15 = BG 31,12-32,3)

    « Alors (le Christ) 5 voulut, par la parole de l’invisible Esprit, créer une œuvre. Et sa Volonté devint une œuvre et se manifesta avec Intellect et la lumière, le glorifiant.

    Et la parole suivit Volonté, 10 car c’est par la parole que le Christ, le Dieu autogène, a créé toute chose.

    « (Quant à) Vie-éternelle et Volonté (d’une part) et Intellect et Prescience (d’autre part), ils se tinrent (là) glorifiant l’invisible Esprit et Barbélô 15 car c’est d’elle qu’ils sont issus.

    (II 7,16-30 = BG 32,3-19)

    « L’Esprit Saint conféra (donc) la perfection au Dieu autogène, (qui est) son Fils et (celui de) Barbélô, pour qu’il se tienne en présence du grand et invisible Esprit virginal, (lui) le Dieu autogène, 20 le Christ, lui qui a été honoré d’une voix forte. Il a été manifesté par Pronoia.

    « Et l’invisible Esprit virginal a établi le Dieu autogène véritable sur toute chose. 25 et il lui a soumis toute autorité, ainsi que la vérité qui est en lui, afin qu’il pense toute chose lui qui a été nommé d’un nom qui est au dessus de tout nom. Ce nom en effet ne sera dit 30 qu’à ceux qui en sont dignes.

    (II 7,31-8,2 = BG 32,19-33,5)

    « C’est en effet de la lumière qu’est le Christ et d’Incorruptibilité, par le don de l’Esprit, que les quatre luminaires (proviennent) du Dieu autogène. (L’Esprit) les a désignés pour assister 8 le (Fils).

    « La triade est (composée de) Volonté, Ennoia et Vie.

    (II 8,1-28 = BG 33,5-34,18)

    « La quadruple puissance, quant à elle, est (composée de) Compréhension, Grâce, Perception et Intelligence.

    « Grâce est 5 auprès de l’éon du luminaire Armozel, qui est le premier ange. Avec cet éon (d’Armozel) se trouvent trois autres éons : Grâce, Vérité, et Forme. Le deuxième luminaire, Oriael, est celui qui a été établi 10 sur le deuxième éon. Avec lui sont trois autres éons : Épinoia, Perception et Mémoire. Le troisième luminaire est Daveïthaï, celui qui a été établi sur le troisième éon. 15 Avec lui se trouvent trois autres éons : Compréhension, Amour et Apparence. Quant au quatrième éon, il a été établi sur le quatrième luminaire, Éléleth. Avec lui se trouvent trois autres éons : Perfection, 20 Paix et Sagesse.

    « Tels sont les quatre luminaires qui assistent le Dieu autogène. Tels sont les douze éons qui assistent le Fils, le grand Christ autogène, par la volonté et le don de 25 l’Esprit invisible. Ces douze éons appartiennent au Fils autogène et c’est par la volonté de l’Esprit Saint que toutes choses ont été établies par l’Autogène.

    (II 8,29-9,24 = BG 34,19-35,11)

    « C’est de la Pre[science] de l’Intellect parfait, 30 par la manife[station] de la volonté de l’invisible Esprit ainsi que la volonté de l’Autogène, (que proviennent) l’Homme parfait, premier manifesté, et la Vérité. C’est lui que l’Esprit virginal a nommé : 35 Pigéra-Adamas. (L’Esprit) l’établit sur 9 le premier éon avec le grand Christ autogène, auprès du premier luminaire Armozel et des puissances qui sont avec lui. Et l’invisible (Esprit) lui donna une puissance 5 intellectuelle invincible et il parla.

    « Il glorifia et bénit l’invisible Esprit en disant : « C’est à cause de toi que tout a existé et tout retournera vers toi. Je te bénirai donc et te glorifierai, toi, ainsi que 10 l’Autogène et les éons, (toi qui es) Triade, Père, Mère, Fils, Puissance parfaite. »

    (II 9,11-24 = BG 35,20-36,15)

    « Et (l’Homme parfait) installa son fils Seth sur le deuxième éon près du deuxième luminaire Oroïel. Dans le troisième éon 15 fut ensuite installée la semence de Seth près du troisième luminaire Daveïthaï. (Là) furent installées les âmes des saints. Dans le quatrième éon enfin furent installées les âmes de ceux qui sont ignorants du 20 plérôme et n’ont pas été prompts à se repentir mais sont restés temporairement (dans cet état) puis se sont repentis. (Ces âmes) ont été (installées) auprès du quatrième luminaire Éléleth. Ce sont des créatures qui rendent gloire à l’invisible Esprit.

    (II 9,25-10,7 = BG 36,16-37,18)

    25 « Donc, Sophia d’Épinoia, étant un éon, pensa une pensée issue d’elle-même ainsi que (de) la réflexion de l’invisible Esprit et (de) Prescience. Elle voulut manifester une ressemblance hors d’elle-même sans (que se soit exprimé) le bon vouloir de l’Esprit — 30 il n’avait pas donné son accord — e[t sans] son conjoint ni (même) l’assentiment de ce dernier.

    « Comme la face de sa masculinité n’avait pas donné son consentement, comme elle n’avait pas trouvé son partenaire, elle fit un signe d’assentiment sans le bon vouloir de l’Esprit 35 et sans que son partenaire n’en ait eu connaissance. Elle sortit 10 à cause de la force irrésistible qui est en elle.

    « Sa réflexion ne fut pas improductive. Et apparut hors d’elle une œuvre imparfaite et différente de sa propre forme 5 parce qu’elle l’avait faite sans son conjoint ; (cette œuvre) était non conforme à l’aspect de sa mère car elle avait une autre forme.

    (II 10,7-21 = BG 37,18-38,17)

    « Lorsque (Sophia) vit que (l’œuvre qu’avait produit) sa volonté, avait pris l’apparence contrefaite d’un dragon à face de lion et que ses yeux, 10 ressemblaient aux feux flamboyants qui illuminent, elle la chassa loin d’elle, hors de ces lieux, afin qu’aucun des immortels ne la voit, car elle l’avait faite dans (un état) d’ignorance.

    « Et elle l’entoura 15 d’une nuée lumineuse et plaça (pour elle) un trône au milieu de la nuée afin que nul ne la voie, excepté l’Esprit Saint que l’on nomme “Mère des vivants”. Et elle lui donna le nom de Yaltabaôth. 20 Il est le Premier Archonte, celui qui a pris une grande puissance à sa mère.

    (II 10,22-26 = BG 38,17-39,4)

    « Puis il s’écarta d’elle et s’éloigna des lieux où il avait été enfanté. Il s’empara (d’autres lieux et) se créa d’autres éons 25 flamboyant d’un feu lumineux, ce qui existe maintenant.

    (II 10,26-28 = BG 39,4-10)

    « Et il s’unit à sa propre déraison et engendra pour lui-même des autorités.

    (II 10,29-11,4 = BG 39,18-40,18)

    « Le nom de la première est Athôth, que les générations appellent. 30 . [ . . . ]. La deuxième est Harmas, c’est-à-dire “[l’oil] de la jalousie”. La troisième est Kalila Oumbri. La quatrième est Yabêl. La cinquième est Adônaïou que l’on nomme (aussi) Sabaôth. La sixième est Kaïn, 35 que les générations des hommes appellent le Soleil. La septième est Abel. La huitième est Abriséné. La neuvième est Yôbêl. 11 La dixième est Armoupiéêl. La onzième est Melkheiradôneïn. La douzième est Bélias, c’est-à-dire le préposé au gouffre infernal.

    (II 11,4-7 = BG 41,12-15)

    « Et (le Premier Archonte) établit sept rois, 5 un par firmament du ciel, sur les sept cieux et cinq sur le gouffre de l’abîme, pour y régner.

    (II 11,7-22)

    « Et il répartit sur eux de son feu, mais n’envoya pas (sur eux une part) de la puissance lumineuse qu’il avait prise à sa mère.

    « 10 Il est une obscurité ignorante, aussi lorsque la lumière s’est mélangée à l’obscurité, elle a illuminé l’obscurité. Mais l’obscurité se mélangeant à la lumière, a assombri la lumière. Et (le Premier Archonte) ne fut plus ni lumière ni obscurité, mais il fut 15 affaibli.

    « Cet Archonte affaibli possède trois noms : son premier nom est Yaltabaôth, le deuxième Saklas, le troisième Samael.

    « Il est impie du fait de la folie qui l’habite. Il a en effet dit : « 20 Je suis Dieu et il n’existe pas d’autre dieu à côté de moi ! », car il est ignorant de son origine, du lieu d’où il est venu.

    (II 11,23-25 = BG 39,10-18)

    « Et les (douze) archontes créèrent pour eux-mêmes sept puissances et (ces) puissances créèrent pour elles-mêmes anges 25 chacune, jusqu’à atteindre trois cent soixante-cinq anges.

    (II 11,26-35 = BG 41,16-42,10)

    « Voici les corps (associés) aux noms. Le premier est Athôth, il a une face de mouton. Le deuxième est Élôaïou, il a une face d’âne. Le troisième est Astaphaïos, il a une fa[ce de hyè]ne. 30 Le quatrième est Yaô, il a une fa[ce de drago]n à sept têtes. Le cinquième est Sabaôth, il a une face de dragon. Le sixième est Adônin, il a une face de singe. Le septième est Sabbédé, il a une face de feu lumineux. Telle est 35 l’hebdomade du Sabbaton.

    (II 11,35-12,10 = BG 42,10-43,5)

    « Yaltabaôth possède en effet de multiples 12 visages en plus de tous ceux (énumérées précédemment), de sorte qu’il peut imposer une apparence (spécifique) à eux tous, selon son bon plaisir. Étant au milieu des Séraphins, 5 il a partagé avec eux son feu.

    « C’est pour cette raison qu’il a été pour eux Seigneur, à cause de la puissance de la gloire qui lui vient de la lumière de sa Mère. C’est pour cette raison qu’il s’est lui-même proclamé Dieu, désobéissant ainsi 10 au lieu d’où il était venu.

    (II 12,10-25 = BG 43,6-44,9)

    « Et (Yaltabaôth) unit aux puissances qui sont avec lui sept autorités issues de sa pensée. Et par sa parole cette (pensée) exista. Et il donna un nom à chaque autorité. Il commença 15 par le haut.

    « Le premier (nom) est Messianité auprès de la première (autorité), Athôth ; le deuxième est Pronoia, auprès de la deuxième, Élôaiô ; le troisième est Divinité, auprès de la troisième, Astraphaiô(s) ; le quatrième est 20 Seigneurie, auprès de la quatrième, Yaô ; le cinquième est Royauté, auprès de la cinquième, Sanbaôth ; le sixième est Jalousie, auprès de la sixième, Adônein ; le septième est Sagesse auprès de la septième, 25 Sabbateôn.

    « Celles-là possèdent un firmament par ciel.

    (II 12,26-13,5 = BG 40,19-41,6)

    « Ces noms leur ont été donnés d’après la gloire des cieux en vue de la des[truction de ces] autorités. Alors que les noms qui leur ont été donnés par leur Engendreur en chef 30 leur procurent autorité, les noms qui leur ont été donnés d’après la gloire des cieux sont pour elles cause de destruction et de réduction à l’impuissance. Ainsi donc, elles possèdent deux noms.

    « (Yaltabaôth) a donc organisé pour lui-même toutes choses d’après la ressemblance des 35 éons primordiaux qui avaient existé (auparavant), de sorte qu’il a 13 créé ces (choses) selon l’aspect des (êtres) immortels, non qu’il ait lui-même contemplé les immortels, mais (parce que) la puissance qui est en lui, celle qu’il a dérobée à sa mère, a enfanté en lui l’image 5 de la mise en ordre (du monde).

    (II 13,5-13 = BG 44,9-18)

    « Alors, voyant la création qui l’entoure ainsi que la foule des anges qui sont autour de lui (et) qui sont issus de lui, (Yaltabaôth) leur dit : “Moi, je suis un Dieu jaloux et il n’existe pas d’autre dieu en dehors de moi !” 10 Mais en déclarant cela il signifie aux anges qui sont auprès de lui qu’il existe un autre dieu car si aucun autre n’existait, de qui serait-il jaloux ?

    (II 13,14-26 = BG 44,19-45,19)

    « La Mère commença alors à aller et venir. Elle a(vait) perçu déficience lorsque 15 l’éclat de sa lumière avait diminué. Et elle s’assombrit parce que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle. »

    Et moi (Jean) de dire : « Seigneur ! Que signifie “aller et venir ?” » Lui alors rit et dit « Ne pense pas que ce soit, 20 comme l’a dit Moïse, (qu’elle allait et venait) au dessus des eaux. Non ! Mais lorsqu’elle vit le mal qui était arrivé et (la nature du) larcin que lui avait dérobé son fils, elle se repentit. Alors un oubli s’empara d’elle dans les ténèbres de 25 l’ignorance et elle commença à manifester de la honte. [ ] en mouvement. Ce mouvement c’est le va et vient.

    (II 13,27-14,1 = BG 45,20-46,15)

    « L’impudent (Archonte) déroba donc une puissance à sa mère. Mais il était ignorant, et pensait que nul autre n’existait si ce n’est 30 sa mère seule. Voyant donc la foule des anges qu’il avait créés il s’exalta au-dessus d’eux.

    « Mais lorsque la mère comprit que l’ des ténèbres était imparfait, elle comprit du même coup 35 que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle. Elle se repentit, 14 (versant) d’abondantes larmes.

    (II 14,2-13 = BG 46,15-47,13)

    « Et la prière de sa repentance fut entendue. Et le plérôme tout entier de l’invisible Esprit virginal intercéda en sa faveur. , 5 l’Esprit Saint répandit sur elle ce qui provient du plérôme tout entier. En effet, ce n’est pas son conjoint qui est venu vers elle mais vint alors vers elle (ce) qui provient du plérôme afin de redresser sa déficience.

    « Et elle fut enlevée 10 non pas jusqu’à son propre (éon), mais au-dessus de son fils, de sorte qu’elle est dans le neuvième éon, jusqu’à ce qu’elle ait redressé sa déficience.

    (II 14,13-34 = BG 47,14-48,10)

    « Et une voix sortit de l’éon céleste supérieur (disant) “L’Homme existe ainsi que 15 le fils de l’Homme”. Le Premier Archonte Yaltabaôth l’entendit et pensa que cette voix provenait de sa mère et ne comprit pas d’où elle était venue.

    « Alors le Mère-Père saint 20 et parfait, Pronoia parfaite, image de cet Invisible qu’est le Père de tout par qui tout a existé (et qui est) l’Homme primordial, les instruisit en manifestant son apparence sous une forme humaine.

    « Alors 25 l’éon tout entier du Premier Archonte trembla et les fondements de l’abîme furent agités et depuis les eaux qui se trouvent au dessus de la matière, la partie inférieure fut illuminée par la manifestation de l’image de cet (Homme primordial) 30 qui s’était manifestée. Et lorsque toutes les autorités et le Premier Archonte regardèrent, ils virent que la totalité de la partie inférieure avait été illuminée et, grâce à la lumière, ils virent dans l’eau la figure de l’image.

    (II 15,1-13 = BG 48,10-49,9)

    15 « Et (Yaltabaôth) dit aux autorités qui sont auprès de lui : “Allons, créons un homme à l’image de Dieu et à notre ressemblance afin que l’image de celui-ci devienne pour nous lumière”.

    « 5 Et elles (le) créèrent à partir de leurs puissances respectives en fonction des caractéristiques qui leur avaient été données. Et chacune des autorités plaça (en lui) une caractéristique (conçue) d’après la figure de l’image qui leur était apparue, d’après sa (figure) psychique. Il (Yaltabaôth ?) créa 10 une hypostase à la ressemblance du premier Homme parfait. Et (lui et ses autorités) dirent : “Nommons-le Adam afin que son nom devienne pour nous une puissance lumineuse.”

    (II 15,13-29 = BG 49,9-50,11)

    « Et les puissances commencèrent (à le créer). La première, Bonté, 15 créa une âme d’os. La deuxième, Pronoia, créa une âme de nerf. La troisième, Divinité, créa une âme de chair. La quatrième, Seigneurie, créa une âme de mœlle. La cinquième, 20 Royauté, créa une âme de sang. La sixième, Jalousie, créa une âme de peau. La septième, Intelligence, créa une âme de cheveu.

    « Alors la foule des anges se tint près de lui. Et Ils reçurent 25 des autorités les sept supports de l’âme afin de faire l’assemblage des membres et l’assemblage du tronc ainsi que l’arrangement ordonné de chacun des membres.

    (II 15,29-17,32)

    « Le premier commença par créer 30 la tête. Eteraphaôpe Abron créa son sommet ; Mêniggesstrôêth créa le cerveau ; Asterekhmên, l’œil droit ; Thaspomokham, l’œil gauche. Iéronumos, l’oreille droite ; Bissoum, 35 l’oreille gauche ; Akiôreim, le nez ; 16 Banên Ephroum, les lèvres ; Amên, les dents ; Ibikan, les molaires ; Basiliadêmê, les amygdales ; Akhkha, la luette. Adaban (créa) le cou ; Khaaman, la colonne vertébrale ; 5 Dearkhô, la gorge ; Têbar, l’épaule droite ; N[ . . . . . ] l’épaule gauche ; Mniarkhôn, le coude droit ; [ . . . ]e le coude gauche ; Abitriôn, l’avant-bras droit ; Euanthên, l’avant-bras gauche ; Krus, la main droite ; Bêluai, la main gauche ; 10 Trêneu, les doigts de la main droite ; Balbêl, les doigts de la main gauche ; Krima, les ongles des mains ; Astrôps, le sein droit ; Barrôph, le sein gauche ; Baoum, l’aisselle droite ; Ararim, l’aisselle gauche ; Arekh, 15 le ventre ; Phthauê, le nombril ; Sênaphim, l’abdomen ; Arakhethôpi, les côtes droites ; Zabedô, les côtes gauches ; Barias, la hanche droite ; Phnouth, la hanche gauche . Abênlenarkhei (créa) la mœlle ; Khnoumeninorin, les os ; 20 Gêsole, l’estomac ; Agromauma, le cour ; Banô, le poumon ; Sôstrapal, le foie ; Anêsimalar, la rate ; Thôpithrô, les intestins ; Biblô, les reins ; Roerôr, les nerfs ; Taphreô, l’épine dorsale 25 du corps ; Ipouspobôba, les veines ; Bineborin, les artères ; Aatoimenpsêphei [ ]. À eux sont les souffles qui sont dans tous les membres.

    « Enthollei (créa) la chair tout entière ; Bedouk la fesse droite ; Arabêei, la : < . . . . . . . > le pénis ; 30 Eilô, les testicules ; Sôrma, les parties honteuses ; Gormakaiokhlabar, la cuisse droite ; Nebrith, la cuisse gauche ; Psêrêm, le rein (?) {de la jambe} droit ; Asaklas, le rein (?) gauche ; Ormaôth, la jambe droite ; 35 Emêmun, la jambe gauche ; Knux, 17 le tibia droit ; Tupêlon, le tibia gauche ; Akhiêl, le genou droit ; Phnêmê, le genou gauche ; Phiouthrom, le pied droit ; Boabel, ses orteils ; Trakhoun, 5 le pied gauche ; Phikna, ses orteils ; Miamai, les ongles du pied ; Labernioum [ ]. Quant à ceux qui ont été institués sur tous ceux-là ils sont sept : Athôth, Armas, Kalila, Yabêl, Sabaôth, Ka[ïn, Ab]el.

    « Ceux qui agissent de façon spécifique dans les membres sont : 10 dans la tête, Diolimodraza ; dans le cou, Yammeax ; dans l’épaule droite, Yakouib ; dans l’épaule gauche, Ouertôn ; dans la main droite, Oudidi ; dans la gauche, Arbao ; dans les doigts de la main droite, Lampnô ; dans les doigts de la main gauche, 15 Lêekaphar ; dans le sein droit, Barbar ; dans le sein gauche, Imaê ; dans la poitrine, Pisandiaptês ; dans l’aisselle droite, Koadê ; dans l’aisselle gauche, Odeôr ; dans les côtes droites, Asphixix ; dans les côtes gauches, Sunogkhouta ; dans le ventre, Arouph ; 20 dans la matrice, Sabalô ; dans la cuisse droite, Kharkharb ; dans la cuisse gauche, Khthaôn ; dans toutes les parties honteuses, Bathinôth ; dans la jambe droite, Khoux ; dans la jambe gauche, Kharkha ; dans le tibia droit, Aroêr ; dans le tibia gauche, 25 Tôekhtha ; dans le genou droit, Aôl ; dans le genou gauche, Kharanêr ; dans le pied droit, Bastan ; dans ses orteilles, Arkhentekhtha ; dans le pied gauche, Marephnounth ; dans ses orteils, Abrana.

    « Les sept qui ont pouvoir sur 30 tous ceux-là sont : Mikhaêl, Ouriêl, Asmenedas, Saphasatoêl, Aarmouriam, Rikhram, Amiôrps.

    (II 17,32-18,2)

    « Celui qui est préposé aux sensations est Arkhendekta ; le préposé à la perception, Deitharbathas ; le préposé à 35 l’imagination, Oummaa ; le préposé à l’assentiment, 18 Aakhiaram, et le préposé à toute impulsion, Riaramnajhô.

    (II 18,2-14)

    « La source des démons qui (habitent) le corps entier se compose de quatre (principes) : chaud, froid, humide 5 et sec. Leur mère à tous est la matière. Celui qui gouverne sur le chaud est Phloxopha ; celui qui gouverne sur le froid, Oroorrothos ; celui qui gouverne sur le sec, Erimaxô et celui qui gouverne 10 sur l’humide, Athurô. La mère de tous ceux-là, Onorthokhras, se tient au milieu d’eux ; elle est illimitée et se mélange avec eux tous ; et elle est véritablement la matière car c’est par elle qu’ils sont nourris.

    (II 18,15-19,1)

    15 « Les quatre chefs (des) démons sont Ephememphi, affecté au plaisir, Yôkô, au désir, Nenentôphni, à la peine et Blaomên à la crainte. Leur mère à tous est Esthêsis-oukh-epiptoê.

    « De ces quatre 20 démons proviennent des passions. De la peine, proviennent envie, jalousie, douleur, ennui, rivalité, insensibilité, anxiété, souci, affliction, etc. Du plaisir 25 proviennent de nombreux vices ainsi que la vanité et ce qui y ressemble. Du désir proviennent colère, irritation, am[ertume], passion amère et insatisfaction, et ce qui y ressemble. 30 De la crainte (proviennent) terreur, perplexité, angoisse et honte. Toutes ces (passions) sont aussi bien utiles que nuisibles. Quant à la notion (qui résume) leur réalité, c’est Anarô, la tête de l’âme matérielle, 19 car elle se trouve avec Esthêsis-oukh-epiptoê.

    (II 19,2-10 ; cf. BG 39,4-18)

    « Voici le nombre des anges : au total ils sont trois cent soixante cinq. Tous ouvrèrent au corps psychique et matériel jusqu’à ce qu’ils l’aient achevé 5 (membre) par membre. Il existe en effet d’autres (anges) affectés (chacun) à une passion supplémentaire dont je ne t’ai pas parlé. Si cependant tu désires les connaître, c’est écrit dans 10 le livre de Zoroastre.

    (II 19,11-15 = BG 50,12-51,1)

    « Tous ces anges et démons ouvrèrent donc jusqu’à ce qu’ils aient mis en ordre le corps psychique. Et leur œuvre demeura totalement inactive et immobile pendant 15 longtemps.

    (II 19,15-20,5 = BG 51,1-52,11)

    « Lorsque la Mère voulut (re)prendre la puissance qu’elle avait donnée au Premier Archonte, elle adressa une supplique au Mère-Père de toute chose dont la miséricorde est grande. Il envoya cinq illuminateurs, par décision sainte, 20 sur le lieu des anges du Premier Archonte.

    « (Ces illuminateurs) le conseillèrent dans le but d’extirper la puissance de la Mère et dirent à Yaltabaôth : “Souffle dans son visage de l’Esprit qui est tien et 25 son corps se mettra debout !” Et il souffla dans son visage son esprit — c’est-à-dire la puissance de sa Mère — (mais) ne comprit pas (la portée de son geste) car il est ignorant. Alors la puissance de la Mère passa de 30 Yaltabaôth au corps psychique qui avait été fabriqué à la ressemblance de celui qui existe depuis le commencement. Ce corps (psychique) se mut, acquit puissance et fut lumineux.

    « À ce moment, 20 les autres puissances devinrent jalouses (de Yaltabaôth), car c’était aussi par elles toutes que (l’homme) avait existé ; elles lui donnèrent leur puissance et son intelligence devint alors supérieure à celle de ses créateurs et 5 supérieure à celle du premier Archonte.

    (II 20,5-9 = BG 52,12-17)

    « Lorsque (l’Archonte et ses puissances) comprirent qu’il était lumineux, qu’il leur était supérieur par la pensée et qu’il s’était dépouillé du mal, ils le prirent et le chassèrent vers la partie la plus basse de toute la matière.

    (II 20,9-28 = BG 52,18-54,4)

    « Alors, le bienheureux 10 Mère-Père, bienfaisant et compatissant, manifesta sa compassion envers cette puissance de la Mère qui avait été soustraite au premier Archonte car (ses puissances) exercent encore leur pouvoir sur le corps psychique et sensible. 15 (Le Père-Mère) envoya alors, par l’intermédiaire de son Esprit bienfaisant et plein de pitié, comme aide pour Adam, Épinoia de lumière celle qui provient du (Père-Mère et) que l’on a nommée “Vie”.

    « C’est elle qui porte secours à la création 20 entière, qui peine avec lui (Adam) et le restaure dans sa perfection, qui l’instruit de la descente de sa semence en l’instruisant du chemin du retour, chemin par lequel il est descendu.

    « 25 Et Épinoia de la lumière est cachée en Adam pour que les archontes ne perçoivent pas (sa présence) mais aussi pour qu’Épinoia devienne (l’agent du) redressement de la déficience de la Mère.

    (II 20,28-21,16 = BG 54,5-55,18)

    « Alors l’Homme devint visible à cause de l’ombre de la lumière 30 qui est en lui. Et sa pensée fut supérieure à (celle de) tous ses créateurs. Lorsqu’ils ils regardèrent, ils virent que sa pensée était supérieure.

    « Et ils tinrent conseil avec toute (l’armée) archontique et 35 angélique. Ils prirent du feu, de la terre 21 et de l’eau, les mélangèrent ensemble avec les quatre vents de feu, les associèrent ensemble et provoquèrent une grande confusion. Et ils entraînèrent (Adam) à 5 l’ombre de la mort afin de remodeler à partir de la terre, de l’eau, du feu et du souffle, celui qui provient de la matière, c’est-à-dire de l’ignorance ténébreuse, du désir et de leur esprit contrefait.

    10 « Voilà ce qu’est le tombeau du remodelage du corps ! Ce que les brigands ont imposé à l’homme, c’est le lien de l’oubli ; et celui-ci est devenu un homme mortel. Telle est la descente primordiale et la séparation primordiale ! 15 Mais Épinoia de la lumière qui est en lui, c’est elle qui éveillera sa pensée !

    (II 21,17-22,15 = BG 55,19-58,7)

    « Et les archontes le prirent. Ils le placèrent dans le Paradis et lui dirent : “Mange !” c’est-à-dire : “(mange) dans l’oisiveté !” Car, assurément, 20 leurs délices sont amères et leur beauté perverse. Leurs délices sont tromperie et leurs arbres, impiété. Leur fruit est un poison qui n’apporte pas la guérison et leur promesse est mort.

    « C’est l’arbre de leur 25 vie qu’ils ont placé au milieu du paradis. Mais moi, je vous enseignerai quel est le mystère de leur vie, c’est-à-dire le projet qu’ils ont fait ensemble de (fabriquer) la ressemblance de leur esprit.

    « (Cet arbre) est celui 30 dont la racine est amère et dont les branches sont mort. Son ombre est haine et il y a de la tromperie dans ses feuilles. Sa fleur est l’onction de la perversité et son fruit la mort. 35 Sa semence est désir et fleurit dans l’obscurité. Ceux qui goûtent 22 à cet (arbre), leur lieu de séjour est l’Hadès et l’obscurité leur lieu de repos.

    « Quant à celui qu’ils ont appelé “l’arbre de connaissance du bien et 5 du mal”, c’est Épinoia de la Lumière, celle qu’ils ont bannie de la présence (de l’homme) afin qu’il ne regarde pas en haut vers sa plénitude et ne connaisse pas la nudité de sa honte. Mais c’est Moi qui les ai redressés pour qu’ils mangent. »

    10 Je dis alors au Sauveur : « Seigneur ! N’est-ce pas le serpent qui a enseigné à Adam à manger ? » Le Sauveur sourit (et) dit : « Le serpent leur a (seulement) enseigné à manger, par vice, le désir de procréation (et) de corruption, afin que 15 (l’homme) lui soit utile.

    (II 22,15-28 = BG 58,8-59,5)

    « Et (le Premier Archonte) sut qu’(Adam) lui désobéissait à cause de la lumière d’Épinoia qui est en lui et qui rend sa pensée supérieure à celle du Premier Archonte. Alors (l’archonte) voulut reprendre la puissance qu’il lui avait donnée 20 (en la prélevant) sur lui-même. Et il amena un oubli sur Adam. »

    Et je dis au Sauveur : « Qu’est-ce que l’oubli ? » Alors il me dit : « Ce n’est pas (à comprendre) comme Moïse l’avait écrit (et comme) tu l’as entendu — Il a en effet dit dans son premier livre : “Il le fit dormir” — mais (c’est à comprendre) 25 de ses perceptions. Car (l’Archonte) a également dit par l’intermédiaire du prophète : “J’appesantirai leurs cours pour qu’ils ne comprennent ni ne voient”.

    (II 22,28-23,5 = BG 59,6-19)

    « Épinoia de la lumière se cacha alors en lui 30 et le Premier Archonte voulut l’en faire sortir au moyen de la côte d’(Adam). Mais comme Épinoia de la lumière est un être insaisissable, l’obscurité qui la poursuivait ne la saisit pas.

    « Alors (le Premier Archonte) fit sortir d’(Adam) une partie de sa puissance et créa un autre modelage, 35 en forme de femme, à la ressemblance d’Épinoia qui s’était manifestée à lui. 23 Et il plaça dans le modelage féminin la partie qu’il avait soustraite à la puissance de l’homme et non pas comme l’a dit Moïse : “la côte de celui-ci”. Alors (Adam) vit la femme 5 auprès de lui.

    (II 23,5-24 = 59,20-60,16)

    « À ce moment, Épinoia de la lumière se manifesta afin de retirer le voile qu’il avait sur le cœur et il fut dégrisé de l’ivresse de l’obscurité Et il connut sa co-essence. Et il dit : 10 “C’est maintenant un os de mes os et de la chair de ma chair !”

    « C’est pourquoi, l’homme quittera son Père et sa Mère et s’unira à sa femme, et ils deviendront, eux deux, une chair unique parce que le conjoint d’(Adam ?) lui sera envoyé et (qu’)il quittera son père et sa mère. {15-20}.

    « Quant à notre sœur Sophia, elle est celle qui est descendue en innocence afin de corriger sa propre déficience. C’est pour cela qu’on l’a appelée “Vie”, c’est-à-dire “la mère des Vivants”.

    (II 23,24-35 = BG 60,17-61,7)

    « Par (décision de) la Pronoia 25 de la Souveraineté céleste et par (l’intervention) de celle-ci, ils goûtèrent la connaissance parfaite. Moi, (le Sauveur), je me suis manifesté sous l’aspect d’un aigle, au-dessus de l’arbre de la connaissance — c’est-à-dire (au-dessus de) l’Épinoia venue de Pronoia, la lumière pure, — 30 afin de les instruire et de les éveiller de (leur) profond sommeil, car ils étaient tous les deux dans un état de déchéance. Ils (Adam et sa femme) prirent conscience de leur nudité. Et Épinoia qui est lumière se manifesta à eux 35 pour éveiller leur pensée.

    (II 23,6-24,8 = BG 61,8-62,3)

    « Lorsque Yaltabaôth comprit que (l’homme et la femme) s’écartaient de lui, il maudit sa terre. Il trouva la femme 24 se préparant pour son époux, car il était son maître, (mais) sans connaître le mystère qui s’était produit par décision sainte. Mais eux eurent peur de le blâmer. 5 Alors il révéla à ses anges l’ignorance qui est sienne et chassa l’(homme et la femme) du paradis et les revêtit d’épaisses ténèbres.

    (II 24,9-34 = BG 62,3-63,12)

    « Et le Premier Archonte vit la vierge 10 qui se tenait avec Adam, et (vit aussi) qu’Épinoia, la lumière vivante, se manifestait en elle. Alors Yaltabaôth fut rempli d’ignorance. Mais lorsque la Pronoia de toute chose eut connaissance de (cela), elle envoya des (anges) et il arrachèrent 15 Vie hors d’Ève. Et le Premier Archonte souilla cette (dernière). Il engendra d’elle deux fils, le premier et le second : Eloïm et Yaoué. Eloïm est à visage d’ours et Yaoué à visage de chat. L’un est 20 juste, l’autre est injuste. Yaoué est juste et Eloïm injuste. (Le Premier Archonte) établit Yaoué sur le feu et le vent et établit Eloïm sur l’eau et la terre. À ceux-là il donna les noms que voici : 25 Caïn et Abel, montrant (ainsi) sa fourberie.

    « Jusqu’à aujourd’hui l’union sexuelle (instituée) par le Premier Archonte a duré. Il a semé un désir de procréation dans la (compagne) d’Adam. Il a ainsi produit, par le biais de 30 l’union sexuelle, l’engendrement de l’image corporelle et a placé (les hommes) sous l’influence de son esprit contrefait.

    « Quant aux deux archontes (Yaoué et Eloïm), il les a établis sur (les) éléments afin qu’ils gouvernent sur le tombeau.

    (II 24,35-25,1 = BG 63,12-14)

    35 « Lorsque Adam eut connu l’image de sa propre prescience, il engendra l’image 25 du fils de l’homme (et) la nomma : “Seth”.

    (II 25,2-16 = BG 63,14-64,13)

    « À la manière de la génération qui est dans les éons, l’autre Mère envoya en bas son Esprit (qui est) l’image qui lui ressemble et 5 une copie de ce qui est dans le plérôme, de façon à préparer un lieu d’habitation pour les éons qui descendront. Et (cet Esprit) fit boire aux hommes une eau d’oubli en provenance du Premier Archonte, afin qu’ils ne sachent plus qu’elle est leur origine.

    « Et telle 10 fut la situation de la semence que (cet Esprit) assiste pour un temps afin que lorsque viendra l’Esprit en provenance des éons saints, il restaure cette (semence) et la guérisse de la déficience afin que 15 le plérôme entier (re)devienne saint et sans déficience. »

    (II 25,16-26,7 = BG 64,14-66,12)

    Je dis alors au Sauveur : « Seigneur ! Toutes les âmes seront donc sauvées dans la lumière pure ? » Il répondit et me dit : « Grandes sont les choses 20 auxquelles ta pensée a eu accès, car il est difficile de les révéler à d’autres qu’à ceux qui appartiennent à la génération inébranlable.

    « Ces (âmes) sur qui l’Esprit de vie viendra et demeurera avec le puissance 25 seront sauvées et deviendront parfaites et seront dignes des grandeurs. Et elles seront purifiées dans ce lieu de tout mal et des soucis de la perversité, car elles ne se soucient de rien d’autre que 30 de l’incorruptibilité seule, s’occupant de celle-ci depuis ici (bas), sans colère, ni jalousie, ni crainte, ni désir, ni aucun besoin. Elles n’étaient affectées par aucune de ces (passions), mais seulement par la condition 35 charnelle qu’elles supportent, en guettant le moment où elles seront accueillies 26 par les receveurs. (Agissant) ainsi, celles-ci sont dignes de la vie incorruptible (et) éternelle et de l’appel. Elles endurent tout, supportent 5 tout pour mener à sa perfection le combat et hériter de la vie éternelle. »

    (II 26,7-32 = BG 66,13-68,12)

    Je lui dis : « Seigneur ! Les âmes qui n’ont pas fait cela, (mais) sur qui la puissance et l’Esprit 10 de vie sont descendus, seront-elles re[jetées] ? » Il répondit et me dit : « Si l’Esprit est descendu sur elles, en tout état de cause elles seront sauvées et changeront (de lieu). La puissance descend en effet sur tout homme car sans elle personne ne pourrait se tenir debout. 15 C’est après que (les hommes) ont été engendrés que l’Esprit de vie croît et (que) la puissance vient et fortifie cette âme et rien ne peut l’égarer dans les œuvres de perversité. 20 (Au contraire) celles sur qui descend l’Esprit contrefait sont attirées par celui-ci et tombent dans l’erreur. »

    Je dis : « Seigneur ! Les âmes de ceux-ci, lorsqu’elles sortiront de leur 25 chair, où iront-elles ? » Mais lui, rit et me dit : « L’âme en qui la puissance deviendra plus forte que l’Esprit contrefait, celle-là est vigoureuse et fuit la perversité ; 30 elle est alors sauvée par la visite incorruptible et accède au repos des éons. »

    (II 26,33-27,21 = BG 35,2-36,4)

    Je dis alors : « Seigneur ! Alors, ceux qui n’ont pas su à qui ils appartenaient, 35 où seront leurs âmes ? » Il me dit : « Un Esprit contrefait 27 a fait pression sur ceux-ci quand ils sont tombés dans l’erreur et il accable l’âme, l’oriente vers les œuvres perverses et la précipite dans l’oubli. Et après qu’elle 5 est sortie (du corps), elle est livrée aux autorités qui relèvent de l’Archonte et (ces autorités) l’attachent avec des liens et la jettent dans la prison. Alors (ces autorités) tournent avec elle jusqu’à ce qu’elle s’éveille de l’oubli et 10 acquiert la connaissance. Et atteignant de cette façon la perfection, elle est sauvée. »

    Je dis alors : « Seigneur ! Comment l’âme peut-elle redevenir petite et retourner dans le sein de sa mère ou dans l’homme ? » 15 À ma question, il se réjouit et me dit : « En vérité, tu es bienheureux car tu as compris ! Cette âme est destinée à suivre une autre (âme) qui a l’Esprit de vie en elle. Cette (âme) est sauvée 20 par (l’intervention de) cette (autre et) n’est pas jetée dans une autre chair. »

    (II 27,22-31 = BG 70,9-71,2)

    Je dis : « Seigneur ! Ceux qui ont accédé à la connaissance et s’(en) sont détournés, où iront leurs âmes ? » Alors il me dit : « Là 25 où vont les anges de la pauvreté, c’est dans ce lieu qu’ils seront conduits, un lieu où il n’y a pas de repentir. Et ils seront gardés en vue du jour où ils seront torturés. Ceux qui ont blasphémé l’Esprit 30 seront châtiés d’un châtiment éternel. »

    (II 27,31-28,32 = BG 71,3-72,12)

    Je dis alors : « Seigneur ! D’où est venu l’Esprit contrefait ? » Il me dit alors : « Le Mère-Père riche en miséricorde, Esprit 35 Saint (présent) en toutes formes, miséricordieux et 28 compatissant envers vous, (lui) qui n`est autre que l’Épinoia de la Pronoia de lumière, fit se lever la semence de la génération parfaite en même temps que sa Pensée et que 5 la lumière éternelle de l’Homme. Lorsque le Premier Archonte comprit qu’ils lui étaient devenus supérieurs par l’éminence (de leur sagesse) et qu’ils le surpassaient en pensée, il voulut s’emparer de leur discernement, ignorant que c’est 10 par la Pensée qu’ils lui sont supérieurs et qu’il sera incapable de s’emparer d’eux.

    « (Le Premier Archonte) tint conseil avec ses autorités — qui sont ses puissances — et ils commirent ensemble un adultère avec Sophia. Et fut engendrée par eux une amère 15 Fatalité qui est le dernier lien versatile et dont la nature est de faire osciller d’une chose à l’autre. Elle est si dure et si puissante que c’est à elle que les dieux, les anges, les démons 20 et toutes les générations ont été associées, jusqu’à ce jour. C’est en effet de cette Fatalité qu’ont découlé toute faute, ainsi que l’injustice, le blasphème associé au lien de l’oubli, l’ignorance, 25 tout précepte écrasant associé à ces transgressions écrasantes et à ces grandes frayeurs. Et c’est ainsi que toute la création a été rendue aveugle de sorte que (les créatures) ne connaissent pas le Dieu qui est supérieur à elles toutes. Et du fait du lien de l’oubli 30 leurs péchés (leur) ont été cachés car ils ont été liés à des mesures, des temps et des moments, car cette (Fatalité) domine sur toutes choses.

    (II 28,33-29,15 = BG 72,12-73,18)

    « Et (le Premier Archonte) se repentit de toute l’œuvre qu’il avait faite. Il tint à nouveau conseil 35 afin d’envoyer un déluge 29 sur la création de l’homme. Mais la grandeur de la lumière de Pronoia instruisit Noé qui l’annonça à la semence entière, c’est-à-dire aux fils des hommes. 5 Mais ceux qui lui sont étrangers ne l’écoutèrent pas.

    « Cela ne se passa pas comme Moïse l’a dit : “Ils se cachèrent dans une arche”, mais ils se cachèrent dans un lieu, pas seulement Noé, mais aussi 10 de nombreux hommes de la génération inébranlable. Ils allèrent vers un lieu et se cachèrent dans un nuage de lumière.

    « Et (Noé) connut l’autorité (de Pronoia) et que celle qui provient de la lumière était avec lui, elle qui avait brillé pour eux parce que 15 (le Premier Archonte) avait envoyé l’obscurité toute la terre.

    (II 29,16-30,11 = BG 73,17-75,13)

    « Puis (le Premier Archonte), tint conseil avec ses puissances. Il envoya ses anges vers les filles des hommes afin qu’ils prennent pour eux (certaines) d’entre elles et suscitent une semence 20 pour leur satisfaction. Mais ils n’y parvinrent pas la première fois.

    « N’y étant pas parvenus, ils se réunirent à nouveau tous ensemble pour tenir conseil une nouvelle fois et créèrent un Esprit contrefait à la ressemblance de l’Esprit qui était descendu, 25 afin de souiller les âmes par son entremise. Alors les anges prirent l’apparence (humaine) de celles-ci, en prenant l’apparence de leurs conjoints, les remplissant de l’esprit de ténèbres qui avait été mélangé à eux-mêmes, ainsi que de perversité. 30 Ils apportèrent de l’or, de l’argent, un présent, du bronze, du fer, du métal et toutes sortes de choses de ce genre. Et ils entraînèrent dans de grands soucis les hommes 30 qui les avaient suivis, les égarant dans de multiples erreurs. Ils vieillirent sans connaître de repos. Ils moururent sans avoir atteint de vérité ni connu le Dieu de la Vérité et c’est 5 ainsi que la création entière fut tenue en un esclavage perpétuel depuis la fondation du monde jusqu’à maintenant.

    « Et ayant pris des épouses ils engendrèrent des fils issus de l’obscurité, à la ressemblance de leur Esprit et ils fermèrent leurs cours 10 et les endurcirent de la dureté de l’Esprit contrefait, jusqu’à maintenant.

    (II 30,11-31,27)

    « Moi, la Pronoia parfaite de toute chose je me suis changée en ma semence. Comme j’existais en premier, c’est moi qui fais route en toute voie. 15 Je suis la richesse de la lumière, je suis la mémoire du plérôme mais j’ai aussi fait route dans les ténèbres immenses.

    « Je me suis avancée jusqu’à atteindre le milieu de la prison et les fondations du chaos 20 furent ébranlées. Alors moi, je me suis cachée d’eux à cause de leur malice et ils ne m’ont pas connue.

    « À nouveau je suis retournée pour la deuxième fois et j’ai fait route. J’ai quitté (les Éons) de la lumière, moi qui suis la mémoire de Pronoia, 25 je me suis introduite dans le milieu des ténèbres et à l’intérieur de l`Amenté, me tournant vers mon économie. Alors les fondations du Chaos furent ébranlées, sur le point de tomber sur ceux qui sont dans le Chaos et de les détruire. 30 Alors, à nouveau, je me suis enfuie vers ma racine de lumière afin de ne pas les détruire avant le temps (fixé).

    « Une troisième fois encore j’ai fait route, moi qui suis la lumière existant dans la lumière, moi qui suis 35 la mémoire de Pronoia, afin de m’introduire dans le milieu des ténèbres et 31 à l’intérieur de l’Amenté. J’ai rempli mon visage de lumière de la fin de leur éon et je me suis introduite au milieu de leur prison, c’est-à-dire de la prison du corps et 5 j’ai dit : “Que celui qui entend se lève du sommeil profond !” Alors il pleura et versa de profonds sanglots. Il essuya ses (larmes) et dit : “Qui prononce mon nom et d’où m’est venu cet espoir 10 alors que je suis dans les liens de la prison ?” Et je lui ai dit : “Je suis la Pronoia de la lumière pure, je suis la Pensée de l’Esprit virginal, celle qui te restaure en un lieu d’honneur. Lève-toi et souviens-toi 15 que tu es celui qui a entendu et suis ta racine, moi qui suis compatissante, et garde-toi des anges de la pauvreté ainsi que des démons du Chaos et de tous ceux qui t’entravent. 20 Et demeure éveillé hors du sommeil profond et de la chape (qui cœuvre) l’intérieur de l’Amenté.” Alors je l’ai fait se lever et je l’ai scellé dans la lumière de l’eau, au moyen des cinq sceaux, pour que 25 la mort soit sans pouvoir sur lui à partir de cet instant.

    « Et voici que maintenant je vais remonter vers l’Éon parfait.

    (II 31,27-32,10 = BG 75,14-77,7)

    « J’ai achevé (de faire entendre) toutes ces choses à tes oreilles. Mais je t’ai (aussi) dit tout cela pour que tu le mettes par écrit 30 et le transmettes en secret à ceux qui partagent le même Esprit que toi, car ce mystère est celui de la génération inébranlable. »

    Et le Sauveur lui a transmis cela pour qu’il le mette par écrit et le conserve en sécurité.

    Alors il lui dit : « Maudit soit 35 quiconque échangera ces (paroles) contre un présent ou contre de la nourriture ou contre de la boisson ou contre un vêtement ou quelque chose d’autre 32 du même genre. »

    Cela lui a été confié mystérieusement. Et (le Sauveur) devint aussitôt invisible pour lui. Alors (Jean) vint vers ses condisciples et 5 leur rapporta ce que le Sauveur lui avait dit.

    Jésus le Christ. Amen !

    Le Livre des 10 secrets selon Jean.
    http://www.naghammadi.org/

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  •  

    Dieu par David fils de Jessé. J'étais le plus jeune de mes frères Et le plus petit des fils de mon père, Il m'a fait berger de son troupeau Et maître de ses agneaux. De mes mains j'ai fait une harpe, De mes doigts j'ai créé une lyre Et ainsi..." href="http://frere.jacques.over-blog.com/2016/03/psaume-apocryphe-trouve-dans-les-grottes-de-qumram-traduit-par-alisa-guide-en-israel.html">Psaume apocryphe trouvé dans les grottes de Qumram (traduit par Alisa, guide en Israël)

    11 Mars 2016

    Louange à Dieu par David fils de Jessé.

     

    J'étais le plus jeune de mes frères

    Et le plus petit des fils de mon père,

    Il m'a fait berger de son troupeau

    Et maître de ses agneaux.

     

    De mes mains j'ai fait une harpe,

    De mes doigts j'ai créé une lyre

    Et ainsi je peux rendre gloire à Dieu

    Et exprimer ce que ressent mon âme.

     

    Les montagnes ne témoignent pas pour lui

    Ni les collines ne le proclament.

    Les arbres ont apprécié mes paroles

    Et le troupeau mes actes.

     

    Car qui peut proclamer et qui peut raconter

    Et qui peut compter les bienfaits de Dieu?

    Dieu voit tout il entend tout

    Et prête attention à toute chose.

     

    Il a envoyé son Prophète pour m'oindre

    Samuel pour m'élever.

     

    Mes frères sont venus au devant de Lui,

    Leur visage et leur apparence sont agréables

    Et malgré leur haute stature et leur belle chevelure

    Le Seigneur Dieu ne les a pas choisis.

     

    Car Il m'a envoyé chercher

    Et  m'a pris au milieu du troupeau

    Il m'a oint d'huile sainte et m'a mis

    A la tête de son peuple

    Et chef des fils de son alliance.

     

    Document transmis par Pierre Bernard

     

    Psaume apocryphe trouvé dans les grottes de Qumram (traduit par Alisa, guide en Israël)

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  • LES ÉVANGILES GNOSTIQUES: RACONTENT-ILS LA VRAIE HISTOIRE DE JÉSUS?

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

    Les évangiles gnostiques:
    Racontent-ils la vraie histoire de Jésus ?
    Existe-t-il des écrits secrets sur Jésus ?
    En 1945, une découverte eut lieu en Haute Égypte, près de la ville de Nag Hammadi. Cinquante-deux copies des anciens écrits appelés “ évangiles gnostiques ” furent découvertes sous la forme de 13 codex (livres manuscrits) de papyrus reliés en cuir. Elles étaient rédigées en copte et appartenaient à la bibliothèque d’un monastère. Quelques érudits gnostiques sont allés jusqu’à affirmer que ces écrits récemment découverts sont l’histoire authentique de Jésus, plutôt que le Nouveau Testament. Mais est-ce que leur foi en ces documents correspond à la preuve historique ? Examinons-les de plus près pour voir si nous pouvons distinguer la vérité de la fiction.

    Les “ savants ” secrets
    Les évangiles gnostiques sont attribués à un groupe connu sous le nom de (surprise !) Gnostiques. Leur nom provient du mot grec gnosis, signifiant “ connaissance ”. Ces gens pensaient qu’ils possédaient un savoir secret et particulier, dissimulé aux gens ordinaires. A mesure que le christianisme s’est  répandu, les Gnostiques ont mélangé certaines doctrines et divers éléments du christianisme avec leurs propres croyances, transformant ainsi le gnosticisme en un christianisme déguisé. Peut-être ont-ils fait cela dans le but de recruter de plus grands nombres et de faire de Jésus la figure de proue de leur cause. Cependant, pour que leur système de pensée puisse se fusionner avec le christianisme, il leur fallait réinventer Jésus en le dépeçant à la fois de son humanité et de sa divinité absolue.
    Dans son livre, The Oxford History of Christianity [L’histoire Oxford du christianisme], John McManners écrit sur le mélange effectué par les Gnostiques des croyances chrétiennes et mythiques : “ Le gnosticisme était (et est toujours) une théosophie composée de nombreux ingrédients. L’occultisme et le mysticisme oriental ont été fusionnés à l’astrologie et la magie. Ils ont recueilli des phrases de Jésus, recomposées pour coïncider à leur propre interprétation (comme dans l’évangile de Thomas), et ont offert à leurs adhérents une forme de christianisme alternative ou rivale. ”[1]

    Les premiers critiques
    Une petite infection de cette philosophie se répandait déjà au premier siècle, seulement quelques décennies après la mort de Jésus. Les apôtres, dans leur enseignement et leurs écrits, se sont donné beaucoup de peine pour condamner ces croyances comme opposées à la vérité de Jésus dont ils étaient les témoins oculaires. Voyez, par exemple, ce que l’apôtre Jean écrivit vers la fin du premier siècle :

    Citation :
    “ Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. ” (1 Jean 2, 22)

    Conformément à l’enseignement des apôtres, les chefs de l’église primitive condamnèrent à l’unanimité les gnostiques comme un culte. Irénée, l’un des pères de l’église, écrivant 140 ans avant le Concile de Nicée, confirma que les gnostiques étaient condamnés par l’église comme hérétiques. Il rejeta également leurs “ évangiles ”. Toutefois, faisant référence aux quatre évangiles du Nouveau Testament, il dit : “ Il n’est pas possible que les évangiles soit plus nombreux ou moins nombreux qu’ils ne le sont en fait.” [2] Origène, le théologien chrétien, écrit ceci au début du troisième siècle, plus de cent ans avant Nicée :

    Citation :
    Je connais un certain évangile intitulé “ L’évangile selon Thomas ” et un “ Évangile selon Matthias ”, ainsi que beaucoup d’autres que nous avons lus—sans quoi nous risquions d’être considérés ignorants à cause de ceux qui s’imaginent posséder certaines connaissances parce qu’ils les ont lus. Néanmoins, parmi tous ceux-là, nous avons seulement approuvé ce que l’église a reconnu, c’est-à-dire que seuls quatre évangiles devraient être acceptés.[3]

    Des auteurs mystérieux
    Quand il s’agit des évangiles gnostiques, pratiquement chaque livre porte le nom d’un personnage du Nouveau Testament : L’évangile selon Philippe, L’évangile selon Pierre, L’évangile selon Marie, L’évangile selon Judas, et ainsi de suite. Mais ont-ils même été écrits par leurs auteurs prétendus ? Examinons cette question. Les évangiles gnostiques datent d’environ 110 à 300 ans après Christ, et aucun érudit de bonne réputation ne croit que quelconque d’entre eux n’ait été rédigé par la personne dont il porte le nom. Dans la collection Nag Hammadi très fournie de James M. Robinson, nous apprenons que les évangiles gnostiques furent écrits par “ des auteurs essentiellement anonymes et sans relation les uns avec les autres ”.[4]  Norman Geisler, un analyste du Nouveau Testament, écrit : ” Les écrits gnostiques n’ont pas été écrits par les apôtres, mais par des hommes du second siècle (et plus tard) qui se réclamaient de l’autorité apostolique afin de promouvoir leurs propres enseignements. De nos jours, cela s’appelle fraude et contrefaçon. ”[5]

    Mystère ou histoire
    Les écrits gnostiques ne sont pas des récits historiques de la vie de Jésus, mais plutôt des paroles essentiellement ésotériques, voilées de mystère et omettant les détails historiques tels que les noms, lieux et événements. Ces écrits font fortement contraste aux évangiles du Nouveau Testament qui sont remplis d’innombrables faits historiques sur la vie, le ministère et les paroles de Jésus. Qui seriez-vous le plus susceptible de croire—quelqu’un qui dirait : “ Dis donc, j’ai quelques faits secrets qui m’ont été mystérieusement révélés ”, ou bien quelqu’un disant : “ J’ai étudié les preuves et l’histoire et en voici le résultat pour que vous puissiez vous former une opinion ” ? Avec cette question à l’esprit, considérez les deux déclarations suivantes, la première extraite de l’évangile gnostique de Thomas (env. 110 à 150 A.D.) et la seconde de l’Évangile de Luc du Nouveau Testament (env. 55 à 70 A.D.)

    • Voici les paroles secrètes que le Jésus vivant à dites et que Judas Thomas “ Le Jumeau ” a consignées par écrit.[6]


    • Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie […] afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. (Luc 1, 1 à 4, Bible Louis Segond, 1910)

    Trouvez-vous l’approche franche et ouverte de Luc engageante ? Et trouvez-vous que le fait qu’elle a été rédigée plus près des événements d’origine est un argument favorable quant à sa fiabilité ? Dans ce cas, c’est aussi ce que la première église a pensé. Et la plupart des érudits s’accordent avec l’opinion de la première église, que le Nouveau Testament est l’histoire authentique de Jésus. Raymond Brown, un étudiant du Nouveau Testament, a dit des évangiles gnostiques : ” Nous n’apprenons pas un seul nouveau fait vérifiable sur le ministère du Jésus historique, et seulement quelques nouvelles paroles qui pourraient lui être attribuées. ”[7] De la sorte, bien que les écrits gnostiques aient impressionné certains intellectuels, leur époque tardive et leurs auteurs douteux ne peuvent se comparer au Nouveau Testament. Un tel contraste entre le Nouveau Testament et les écrits gnostiques est dévastateur pour ceux qui promeuvent les théories de complot. ” Il n’existe aucun élément de la littérature antique du monde qui jouisse d’une richesse de solide attestation textuelle équivalente à celle du Nouveau Testament. ”[8]



    Jésus est-il vraiment ressuscité des morts ?
    La plus grande question de notre temps est “ Qui est le véritable Jésus Christ ? ” Était-il simplement un homme d’exception, ou était-il Dieu dans la chair, ainsi que Paul, Jean et ses autres disciples l’ont cru ?
    Les témoins de Jésus Christ ont, en fait, parlé et agi comme s’ils étaient convaincus de sa résurrection après sa crucifixion. S’ils ont eu tort, alors le christianisme est basé sur un mensonge. Mais s’ils ont eu raison, un tel miracle soutiendrait tout ce que Jésus a dit sur Dieu, sur lui-même, et sur nous.
    Mais doit-on accepter la résurrection de Jésus Christ seulement par la foi, ou y a-t-il de solides preuves historiques en sa faveur ? Plusieurs, parmi les sceptiques, ont entamé des enquêtes sur les traces historiques dans le but d’en prouver la fausseté. Qu’ont-ils découvert ?
    Cliquer ici pour voir la preuve de la revendication la plus fantastique de tous les temps—la résurrection de Jésus Christ !
    Cliquer ici  pour nous dire en quoi cet article vous a aidé.

    Y a-t-il vraiment eu un complot de Vinci ?
    “ Le sourire de Mona Lisa ” examine la plus grande théorie de complot mondiale sur Jésus Christ. Jésus et Marie-Madeleine étaient mariés ? Est-ce que Constantin a ordonné la destruction des vraies archives sur Jésus Christ, en le réinventant comme le Dieu que les Chrétiens adorent aujourd’hui ?
    Cliquer ici  pour découvrir la  vérité sur Le Code Da Vinci.
    Jésus a-t-il parlé de ce qu’il nous arrive après la mort ?
    Si Jésus est véritablement ressuscité des morts, alors il doit savoir ce qu’il se trouve de l’autre côté. Qu’a dit Jésus sur la signification de la vie et sur notre avenir ? Y a-t-il une quantité de chemins qui mènent à Dieu ou Jésus a-t-il déclaré qu’il est le seul chemin ? Lire les réponses étonnantes dans “ Pourquoi Jésus ? ”
    Cliquer ici pour lire : “ Pourquoi Jésus? ” et pour découvrir ce que Jésus a dit sur la vie après la mort.

    Jésus peut-il donner du sens à la vie ?
    “ Pourquoi Jésus ? ” examine la question de savoir si Jésus est ou non pertinent aujourd’hui. Jésus peut-il apporter une réponse aux grandes questions de la vie : ” Qui suis-je ? ”, ” Pourquoi suis-je ici ? ” Et “ Où vais-je ? ”. Les cathédrales mortes et les crucifix ont amené certains à croire qu’il n’en est pas capable, et que Jésus nous abandonne au milieu du combat dans un monde hors contrôle. Mais Jésus a fait des déclarations sur la vie et notre raison d’être ici sur la terre qui doivent être étudiées avant de le rejeter comme indifférent ou impuissant. Cet article expose le mystère de la raison pour laquelle Jésus est venu sur la terre.
    Cliquer ici pour découvrir comment Jésus peut donner du sens à la vie.

    Permission de reproduire cet article :L’éditeur accorde la permission de reproduire et distribuer ce document sans permission écrite, pour une utilisation à but non lucratif. Aucune partie ne peut être modifiée ou utilisée hors-contexte sans permission écrite. Des copies imprimées de Y-Origins et de Y-Jesus magazine peuvent être commandées à : www.jesusonlineministries.org/resources/products/
    © 2013 JesusOnline Ministries (Ministères de Jésus en ligne). Cet article est un supplément du magazine  Y-Jesus  publié par Bright Media Foundation & B&L Publications : Larry Chapman, éditeur-en-chef. Pour lire d’autres articles sur les preuves de l’existence de Jésus Christ, voir : http://y-jesus.org/french/.

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  • ÉVANGILE SELON THOMAS

     

     



    TEXTES DE QUELQUES MEMBRES DE MON EX FORUM SPIRITUEL/RELIGIEUX. TEIWAS A ÉCRIT:

    L'Evangile selon Thomas a été découvert à Nag Hamadi en 1945 et donc il n(a pas été remanié comme bien d'autres Evangiles l'ont étés
     J'aime particulièrement  les deux premières logia (paroles)
    1.Celui qui découvrira le sens de ces paroles ne goûtera pas à la mort
    2.Que celui qui cherche n'arrête pas de chercher,jusqu'à ce qu'il trouve.Quand il aura trouvé,il sera boulerversé et,étant bouleversé il sera émerveillé et il règnera sur le Tout

     

    PHILOCRATE A ÉCRIT:

     

     J'ai plusieurs livres traitant du sujet, ce qui mérite une étude ! 

     

    L'évangile de Thomas
    traduit et commenté par Jean-Yves Leloup,
    Spiritualité vivantes n°: 61
    édts Albin Michel

     

    L'évangile de Thomas,
    1*) Le grain de sénevé
      OSHO
    édts du Relié..1974 .(1975) 1994

    L'évangile de Thomas,
    2*)La Résurrection et la Vie
      OSHO
    édts du Relié..1974.(1975) 1994.

     

    TEIWAS A ÉCRIT:

     

     Avez-vous L'Evangile Selon Thomas?

     

    VOICI MA RÉPONSE:



    Moi, je l'ai! Et je vous le met ici. Excusez si c'est un peu long!

     

    Évangile selon Thomas

    Version imprimable

    Le précieux texte qui suit — l’évangile selon Thomas — a été découvert en 1945, à Nag Hamadi, dans le désert égyptien. C'est donc dire que, depuis tous ces siècles, il n'a pas pu être remanié par ceux qui avaient un système religieux à promouvoir. Avec ses quelque 114 logia lapidaires, il ramène la tradition chrétienne à l’essentiel de toute vie lumineuse. Comme ce texte ne fait pas dans le messianisme, il constitue une menace intolérable pour le christianisme officiel que nous connaissons : c’est pourquoi l’Église catholique préfère feindre d’en ignorer l’existence. Après sa découverte, les exégètes officiels du système se sont empressés d’en minimiser l’importance, principalement en argumentant que sa rédaction devait être postérieure à celle des évangiles canoniques. Or, cela n’est ni démontré ni important. La seule chose digne d’intérêt demeure le contenu extraordinaire de ce texte, dont même l’exégète le plus tatillon et de plus mauvaise foi ne peut contester l’existence. Ces paroles, ou logia, parlent à partir du cœur même du réel et s’adressent à lui, car elles sont vivantes et se réfèrent à la vie éternelle.

    L’authenticité de ces logia se trouve corroborée partout dans le monde : dans le cœur de l’homme, d'abord et avant tout, mais aussi dans les textes de première main des traditions spirituelles orientales, qui viennent corroborer la parole du maître de Galilée. En science, on ne considère une expérience valide et authentique que si elle peut être reproduite de façon indépendante par d’autres chercheurs. Si nous examinons la validité des textes inspirés selon cette approche, il se trouve que c’est la réalité éternelle à laquelle se réfèrent les logia de Thomas qui est corroborée et non les nébuleuses élucubrations messianiques érigées en système de croyance aux premiers siècles de notre ère par un quarteron d’hommes confus et agités, et qui a, depuis, fait office de religion en Occident. Mais comment la parole du maître peut-elle accomplir sa révolution de lumière si elle doit passer par une oreille encombrée et aboutir dans un cœur embarrassé d’histoires à dormir debout ? Le regard libre, lui, reconnaît sans peine la vérité d’un texte. Car seule la lumière reconnaît la lumière.

     


    Voici les paroles secrètes que Jésus Vivant a prononcées et qu’a transcrites Didyme Judas Thomas.

    1 Jésus a dit :
    « Celui qui découvrira le sens de ces paroles ne goûtera pas à la mort. »

    2.Jésus a dit :
    «Que celui qui cherche n’arrête pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Quand il aura trouvé, il sera bouleversé et, étant bouleversé il sera émerveillé et il règnera sur le Tout.»

    3.Jésus a dit :
    « Si vos guides vous disent que le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront. S’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous devanceront. Mais le Royaume est en vous et hors de vous. Quand vous vous serez connu, alors vous serez ce qui est connu et vous saurez que vous êtes les enfants du Père Vivant. Mais si vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, vous êtes la pauvreté. »

    4.Jésus a dit :
    « Que l’homme âgé n’hésite pas à interroger un enfant de sept jours sur le lieu de la Vie et il vivra, parce que beaucoup des premiers seront les derniers et ils seront l’Unique. »

    5.Jésus a dit :
    « Connais celui qui est devant toi et ce qui t’est caché te sera dévoilé, car il n’y a rien de voilé qui ne sera dévoilé. »

    6.Ses disciples lui demandèrent : « Veux-tu que nous jeûnions ? Comment prier ? Comment faire l’aumône ? Que devons-nous observer en ce qui concerne la nourriture ? » Jésus leur dit : « Soyez honnêtes et ne faites pas des choses que vous ne sentez pas, car tout est dévoilé devant le ciel. Il n’existe rien de caché qui n’apparaîtra et il n'existe rien de recouvert qui ne sera dévoilé. »

    7.Jésus a dit :
    « Heureux est le lion que mangera l’homme et le lion sera homme. Méprisable est l’homme que mangera le lion et le lion sera homme. »

    8.Jésus a dit :
    « L’homme est semblable à un pêcheur averti qui avait lancé son filet à la mer : il le retira de la mer rempli de petits poissons. Parmi ces poissons, ce pêcheur avisé découvrit un poisson gros et bon. Il rejeta tous les petits à la mer et choisit sans problème le gros poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

    9.Jésus a dit :
    « Le semeur est sorti. Il a rempli sa main et il a lancé. Certaines graines sont tombées sur le chemin : les oiseaux se sont amassés et les ont picorées. D’autres graines sont tombées sur la rocaille et elles ne se sont pas enracinées ni ne sont montées en épis. D’autres sont tombées sur les épines, qui ont étouffé la semence et les vers les ont mangées. D’autres, enfin, sont tombées sur de la bonne terre : elles ont porté un bon fruit. Il y en a eu soixante par mesure et cent-vingt par mesure. »

    10.Jésus a dit :
    « J’ai lancé un feu sur le monde et je le maintiens jusqu’à ce qu’il embrase. »

    11.Jésus a dit :
    « Ce ciel finira et celui qui est au-dessus aussi. Les morts ne vivront pas et les vivants ne mourront pas. Quand vous mangez ce qui est mort, vous en faites quelque chose de vivant. Quand vous aurez été dans la lumière, imaginez ce que vous ferez ! Quand vous étiez Un, vous avez fait le deux ; mais désormais, étant deux, que ferez-vous ? »

    12. Ses disciples dirent à Jésus : « Nous savons que tu nous quitteras. Qui alors nous dirigera ? » Il leur répondit : « Au point où vous serez arrivés, vous irez vers Jacques le juste, car le ciel et la terre sont apparus pour lui. »

    13. Jésus dit à ses disciples : « Comparez-moi et dites-moi à quoi je ressemble. » Simon-Pierre lui dit : « Tu ressembles à un ange juste. » Matthieu lui dit : « Tu ressembles à un philosophe qui a du cœur. » Thomas lui dit : « Maître, ma bouche ne me permet pas de dire à qui tu ressembles. » Jésus lui répondit : « Je ne suis pas ton Maître, car tu t’es enivré à la source vive que j’ai moi-même mesurée. Il le prit à part et lui dit trois mots. Quand Thomas revint vers ses amis, ils lui demandèrent ce que Jésus lui avait dit. Thomas leur répondit : « Si je vous révélais une des paroles qu’il m’a confiées, vous prendriez des pierres et me les lanceriez ; le feu sortirait de ces pierres et vous consumerait. »

    14.Jésus a dit :
    « Si vous jeûnez, vous vous ferez du mal. Si vous priez, on vous condamnera. Si vous faites l’aumône, vous ferez du tort à votre esprit. Si vous allez dans une contrée et qu’on vous y accueille, mangez ce que l’on mettra devant vous et soignez ceux d’entre eux qui sont malades. Ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera pas, mais ce qui en sortira vous souillera. »

    15.Jésus a dit :
    « Quand vous verrez Celui qui n’a pas été engendré par une femme, prosternez-vous et adorez-le : C’est lui votre Père. »

    16.Jésus a dit :
    « Les hommes croient peut-être que je suis venu dans le monde pour apporter la paix. Mais ils ne savent pas que je suis venu apporter des divisions sur terre : le feu, l’épée, la guerre. Dans une maison de cinq, trois seront contre deux et deux contre trois. Le père sera contre le fils et le fils contre le père. Ils se lèveront et seront l’Unique. »

    17.Jésus a dit :
    « Je vous donnerai ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que la main n’a pas touché et ce qui n’est pas monté dans le cœur de l’homme. »

    18. Ses disciples demandèrent à Jésus de leur décrire leur fin. Il leur répondit : « Avez-vous dévoilé le commencement pour chercher la fin ? Là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux celui qui se tiendra dans le commencement et il connaîtra la fin : il ne goûtera pas à la mort. »

    19.Jésus a dit :
    « Bienheureux celui qui était déjà avant d’exister. Si vous êtes mes disciples et comprenez mes paroles, ces pierres vous serviront. Il existe cinq arbres dans le paradis et ils ne changent pas ni en été ni en hiver, non plus que leurs feuilles ne tombent. Celui qui les connaîtra ne goûtera pas à la mort. »

    20.Ses disciples dirent à Jésus :
    « Dis-nous à quoi ressemble le royaume des cieux. » Il leur répondit : « Il est semblable à une graine de moutarde, qui est la plus petite de toutes les semences. Quand elle tombe sur une terre favorable, elle produit un grand arbre qui devient un abri pour les oiseaux du ciel. »

    21. Mariam demanda à Jésus de lui décrire ses disciples. Il lui répondit : « Ils sont comme des petits enfants installés dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les maîtres de ce champ viendront, ils leur ordonneront de leur laisser le champ. Eux, ils enlèvent leurs vêtements devant les maîtres du champ et ils leur laissent. Voilà pourquoi je dis que si le maître de la maison connaît l’heure de la venue du voleur, il veillera et ne le laissera pas percer la maison de son royaume et partir avec ses biens. Quant à vous, soyez vigilants dans le monde et rassemblez bien vos énergies, afin que les brigands ne trouvent pas un moyen de parvenir à vous. En effet, le profit que vous attendez, ils le trouveront. Qu’il y ait en vous un homme averti ! Une fois le fruit mûr, cet homme averti vient sans tarder avec sa faucille et il le cueille. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! »

    22. Voyant des petits qui tétaient, Jésus dit à ses disciples : « Ces petits qui tètent sont semblables à ceux qui entrent au Royaume. » Ils lui demandèrent : « Devons-nous être petits pour entrer au Royaume ? » Il leur répondit : « Quand pour vous le deux sera l’Unique, quand l’intérieur sera l’extérieur et le haut comme le bas, afin de faire le mâle et la femelle en un seul, de sorte que le mâle ne soit pas mâle et la femelle femelle, quand vous verrez des yeux à la place d'un œil, quand pour vous une main sera une main, quand un pied sera un pied et une image une image, alors vous entrerez dans le Royaume. »

    23. Jésus a dit :
    «J’en choisirai un entre mille et deux entre dix mille : ils se dresseront, étant l’Unique.»

    24. Ses disciples lui demandèrent : « Informe-nous sur le lieu où tu te trouves, car il faut que nous le cherchions. » Il leur répondit : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! Il y a de la lumière dans un être lumineux et il illumine l’univers entier. S'il n’illumine pas c’est qu’il est ténèbres. »

    25. Jésus a dit :
    « Aime ton frère comme ton âme et veille sur lui comme sur la prunelle de tes yeux. »

    26.Jésus a dit :
    « Tu distingues le brin de paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. Quand tu en auras fini avec la poutre de ton œil, alors tu verras clair et tu pourras enlever le brin de paille de l’œil de ton frère. »

    27. « Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne découvrirez pas le Royaume. Si vous ne faites pas du sabbat le sabbat, vous ne verrez pas le Père. »

    28.Jésus a dit :
    « Je me suis tenu au milieu du monde et je me suis manifesté à eux en chair et en os. Je les ai trouvés tous ivres. Je n’ai découvert parmi eux personne qui eût soif : mon âme a souffert pour les fils des hommes, parce que leur cœur est aveugle. Ils ne voient pas qu’ils sont venus au monde vides et qu’ils s’apprêtent à en ressortir aussi vides. Mais ils sont ivres ; quand ils auront cuvé leur vin, ils changeront d’attitude. »

    29.Jésus a dit :
    « Quand le corps vient à cause de l’esprit, c’est une merveille. Mais quand l’esprit vient à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Quant à moi, je m’émerveille que cette richesse ait habité cette pauvreté. »

    30.Jésus a dit :
    « Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où il y a deux ou un, moi je suis avec lui. »

    31.Jésus a dit :
    « Aucun prophète n’est accepté dans son village. Aucun médecin ne soigne ceux qui le connaissent. »

    32.Jésus a dit :
    « Une cité érigée sur un mont élevé et qui est fortifiée ne peut pas tomber, non plus qu’elle ne peut être cachée. »

    33.Jésus a dit :
    Ce que tu entendras d’un côté, de l’autre proclame-le sur les toits. Car personne n’allume une lampe pour la mettre sous le boisseau ou dans un endroit caché ; on la met sur un lampadaire, là où tous les passants voient sa lumière. »

    34.Jésus a dit :
    « Si un aveugle guide un autre aveugle, les deux tombent dans un trou. »

    35.Jésus a dit :
    « On ne peut entrer dans la maison du fort et la prendre de force, à moins d’abord de lui lier les mains : alors on peut bouleverser sa maison. »

    36.Jésus a dit :
    « Ne vous souciez pas, du matin au soir et du soir au matin, des vêtements que vous porterez. »

    37. Ses disciples dirent à Jésus : « Quand te manifesteras-tu à nous et quel jour te verrons-nous ? Jésus leur répondit : « Lorsque vous délaisserez votre honte et prendrez vos vêtements, les déposerez à vos pieds, comme font les petits enfants, les piétinerez, alors vous contemplerez le Fils du Vivant et vous n’aurez pas peur. »

    38.Jésus a dit :
    « Souvent vous avez souhaité entendre ces paroles que je vous dis et vous n’aviez personne d'autre de qui les entendre. Un jour vous me chercherez et ne me trouverez pas. »

    39.Jésus a dit :
    « Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la connaissance et les ont cachées. Ils ne sont pas entrés et en ont empêché ceux qui le voulaient. Quant à vous, soyez prudents comme des serpents et purs comme des colombes. »

    40.Jésus a dit :
    « Un cep de vigne a été planté hors du Père : n’étant pas fort, il sera extirpé à sa racine et il périra. »

    41.Jésus a dit :
    « À celui qui possède on donnera ; mais à celui qui ne possède pas, même le peu qu’il a lui sera enlevé. »

    42.Jésus a dit :
    « Soyez passants. »

    43. Ses disciples dirent à Jésus : « Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses ? » Il leur répondit : « Par les paroles que je vous dis, ne savez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes comme les Juifs : ils aiment l’arbre mais détestent son fruit ; ils aiment le fruit mais détestent l’arbre. »

    44.Jésus a dit :
    « À celui qui blasphème contre le Père, on pardonnera. À celui qui blasphème contre le Fils, on pardonnera. Mais à celui qui blasphème contre le Pur Esprit, on ne pardonnera ni sur terre ni au ciel. »

    45.Jésus a dit :
    « On ne récolte pas de raisin sur des épines et on ne cueille pas de figues sur des chardons, car ils ne portent pas de fruit. Un homme bon, de son trésor tire du bon et un homme mauvais tire du mauvais du mauvais trésor dans son cœur, et il vous adresse des paroles mauvaises : de l’abondance de son cœur, il ne tire jamais que du mauvais. »

    46. Jésus a dit :
    « De Adam à Jean le Baptiste, de tous ceux qui sont enfantés de femmes, aucun n’est plus grand que Jean le Baptiste et ses yeux ne seront pas détruits. Par contre, j’ai dit que celui qui sera petit parmi vous connaîtra le Royaume et sera plus grand que Jean. »

    47. Jésus a dit :
    « Il est impossible à un homme de monter deux chevaux ou de bander deux arcs. Il est impossible qu’un serviteur serve deux maîtres, sinon, il honorera l’un et fera outrage à l’autre. Un homme ne boit jamais du vin vieux pour aussitôt en réclamer du nouveau. De plus, on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur qu’elles n’éclatent. On ne verse pas du vin vieux dans une outre neuve, de peur qu’elle ne le gâte. On ne coud pas une vieille pièce sur un vêtement neuf, car il se déchirerait. »

    48.Jésus a dit :
    «Si deux font la paix dans cette maison, ils pourront dire à cette montagne “éloigne-toi” et elle s’éloignera.»

    49. Jésus a dit :
    « Bienheureux êtes-vous, les solitaires, les élus, parce que vous trouverez le Royaume. Puisque vous en venez, vous y retournerez. »

    50. Jésus a dit :
    Si on vous demande : « D’où êtes-vous ? », répondez : « Nous sommes venus de la lumière, là où elle est née d’elle-même. Elle a surgi et s’est manifestée par leur image. » Si on vous demande qui vous êtes, répondez : « Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père Vivant. » Si on vous demande quel est le signe de votre Père en vous, répondez : « C’est un mouvement et un repos. »

    51. Ses disciples demandèrent à Jésus : « Quand viendra le repos des morts ? Quand le monde nouveau viendra-t-il ? » Il leur répondit : « Ce que vous attendez est venu, mais vous ne le reconnaissez pas. »

    52. Ses disciples lui dirent : « Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et ils ont tous parlé de toi. » Il leur répondit : « Vous avez négligé Celui qui est vivant ici maintenant et vous avez parlé des morts. »

    53. Ses disciples demandèrent à Jésus si la circoncision était utile ou non. Il leur répondit : « Si elle était utile, leur père les engendrerait circoncis de leur mère. Mais la vraie circoncision, celle de l’esprit, est totalement utile. »

    54.Jésus a dit :
    « Heureux êtes-vous, les pauvres, parce que le royaume des cieux est à vous. »

    55. Jésus a dit :
    « Celui qui ne renonce pas à son père ou à sa mère ne pourra pas être mon disciple. Celui qui ne renonce pas à ses frères et sœurs, et ne porte pas sa croix comme je la porte ne sera pas digne de moi. »

    56.Jésus a dit :
    « Celui qui a connu le monde a trouvé un cadavre ; celui qui a trouvé un cadavre, le monde n’est pas digne de lui. »

    57. Jésus a dit :
    « Le royaume du Père est semblable à un homme qui possédait une bonne semence. Son ennemi est venu durant la nuit et a semé de l’ivraie parmi la bonne semence. L’homme ne laissa cependant pas les travailleurs arracher l’ivraie, de peur, disait-il, d’arracher le blé avec l’ivraie. Car au jour de la moisson, l’ivraie sera reconnaissable : on l’arrachera et on la brûlera. »

    58.Jésus a dit :
    « Heureux l’homme qui a connu l’épreuve, car il a trouvé la Vie. »

    59. Jésus a dit :
    « Tant que vous vivez, regardez Celui qui est vivant, de peur que vous ne mouriez et ne cherchiez alors à le voir sans y arriver. »

    60. Ils virent un Samaritain portant un agneau et se rendant en Judée. Jésus dit à ses disciples : « Que va-t-il faire de l’agneau ? » Ses disciples lui répondirent : « Le tuer et le manger. » Il leur répondit : « Tant qu’il est vivant, il ne le mangera pas, à moins qu’il ne le tue et ne devienne cadavre. » Ils lui dirent : « Autrement, il ne pourra le faire. » Il leur répondit : « Vous-mêmes, cherchez votre lieu de repos, de peur que vous ne soyez cadavres et ne soyez mangés. »

    61. Jésus a dit :
    « Deux reposeront sur un lit : l’un mourra et l’autre vivra. » Salomé dit : «Qui es-tu, homme ? Est-ce en tant qu’issu de l’Unique que tu es monté sur mon lit et que tu as mangé à ma table?» Jésus lui répondit: «Je suis Celui qui est, issu de Celui qui est égal. Il m’a été donné ce qui vient de mon Père.» Elle lui répondit : « Je suis ta disciple.» Jésus répondit : «C’est pourquoi je dis: «Quand le disciple sera désert, il sera rempli de lumière; mais quand il sera partagé, il sera rempli de ténèbres.»

    62.Jésus a dit :
    « Je révèle mes mystères à ceux qui en sont dignes. Que ta main gauche ne sache pas ce que ta main droite fait. »

    63.Jésus a dit :
    « Il y avait un homme immensément riche, qui se disait : “ J’utiliserai ma fortune à semer, moissonner, planter, remplir mes greniers de grain, afin que je ne manque de rien. ” C’est ce qu’il pensait en son for intérieur. Or, la nuit même, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

    64.Jésus a dit :
    « Un homme avait des invités. Après avoir préparé le repas, il envoya son serviteur pour les convier. Le serviteur alla trouver le premier et lui dit : “ Mon maître te convie.” Celui-ci lui répondit : “ J’ai de l’argent pour des marchands et ils viennent ce soir : je vais leur donner des ordres. Je te prie de m’excuser pour le repas. ” Le serviteur alla trouver un autre invité et leur dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci répliqua : “ J’ai acheté une maison et on me demande un jour. Je ne serai pas disponible.” Le serviteur alla vers un autre invité et lui dit : “ Mon maître te convie. ” Celui-ci lui répondit : “ Mon ami va se marier et c’est moi qui préparerai le repas : je ne pourrai pas venir. Veuille m’excuser pour le repas. ” Le serviteur vint trouver un autre invité et lui dit : “Mon maître te convie. ” Celui-ci lui dit : “ Je viens d’acheter une ferme et je vais percevoir les redevances ; je ne pourrai aller au repas. Veuille m’en excuser. ” Le serviteur retourna chez son maître et lui dit : “ Ceux que tu avais invités se sont tous excusés. ” Le maître lui dit : “ Va sur les chemins et amène ceux que tu trouveras pour prendre le repas. Les acheteurs et les marchands n’entreront pas dans les lieux de mon Père. ” »

    65.Jésus a dit :
    « Un homme riche possédait une vigne. Il la confia à des cultivateurs pour qu’ils la travaillent, afin d’en récolter le fruit de leurs mains. Il envoya son serviteur accepter le fruit de la vigne des cultivateurs. Ils s’emparèrent du serviteur et le frappèrent ; encore un peu et ils l’auraient tué. Le serviteur s’en alla le dire à son maître. Celui-ci dit : “ Peut-être ne les a-t-il pas connus. ” Il envoya un autre serviteur : les cultivateurs le frappèrent lui aussi. Le maître envoya alors son fils, se disant : “ Peut-être respecteront-ils mon fils. ” Comme les cultivateurs savaient que c’était lui l’héritier de la vigne, ils s’en saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

    66.Jésus a dit :
    « Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle la pierre angulaire. »

    67. Jésus a dit :
    « Celui qui connaît le Tout mais qui est séparé de lui-même est séparé du Tout. »

    68.Jésus a dit :
    « Soyez heureux quand on vous hait et qu’on vous persécute ; on ne trouvera aucun lieu là même où l’on vous a persécuté. »

    69. Jésus a dit :
    « Heureux ceux qu’on a persécutés dans leur cœur. Ce sont eux qui ont connu le Père en vérité. Heureux les affamés, car le ventre de celui qui veut sera rassasié. »

    70. Jésus a dit :
    « Quand vous engendrerez cela en vous, ce qui est à vous vous sauvera ; mais si vous n’avez pas cela en vous, ce qui n’est pas à vous vous tuera. »

    71. Jésus a dit :
    « Je renverserai cette maison et personne ne pourra la reconstruire. »

    72. Un homme lui demanda : « Parle à mes frères afin qu’ils partagent les biens de mon père avec moi. » Il leur répondit : « Homme, qui a fait de moi un partageur ? » Se tournant vers ses disciples, il leur demanda : « Suis-je un partageur ? »

    73. Jésus a dit :
    « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître d’envoyer des ouvriers à la moisson. »

    74. Jésus a dit :
    « Maître, il y a beaucoup de gens autour du puits, mais personne dedans. »

    75.Jésus a dit :
    « Beaucoup de gens se tiennent près de la porte, mais ce sont les solitaires qui entreront dans le lieu du mariage. »

    76. Jésus a dit :
    « Le royaume du Père est semblable à un marchand qui possédait un ballot au moment où il trouva une perle. Comme ce marchand était un sage, il vendit le ballot et s’acheta la perle unique. Vous aussi, cherchez le trésor qui ne périt pas, celui qui demeure, où la mite ne vient pas manger et où le ver ne détruit pas. »

    77. Jésus a dit :
    «Je suis la lumière qui est sur eux tous. Je suis le Tout. Le Tout est sorti de moi et le Tout est venu à moi. Fendez du bois, je suis là ; soulevez la pierre, vous me trouverez là.»

    78.Jésus a dit :
    « Pourquoi battez-vous la campagne ? Pour voir un roseau agité par le vent et voir un homme portant des vêtements raffinés ? Là résident vos rois et vos grands ; ils portent des vêtements raffinés mais ils ne pourront connaître la vérité. »

    79. Une femme dans la foule lui dit : « Bienheureux le ventre qui t'a porté et les seins qui t’ont nourri ! » Il lui répondit : « Bienheureux plutôt ceux qui ont entendu la parole du Père et qui l’ont gardée en vérité ! Car il viendra des jours où vous direz : Bienheureux le ventre qui n’a pas conçu et les seins qui n’ont pas donné de lait ! »

    80. Jésus a dit :
    « Celui qui a connu le monde a trouvé le corps ; mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui. »

    81. Jésus a dit :
    « Que celui qui est devenu riche devienne roi et que celui qui a le pouvoir y renonce ! »

    82.Jésus a dit :
    « Celui qui est près de moi est près du feu et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. »

    83.Jésus a dit :
    « Les images se manifestent à l’homme et la lumière en elles est celée. Dans l’image de la lumière du Père elle se révélera et son image sera obscurcie par sa lumière. »

    84. Jésus a dit :
    « Quand vous voyez votre forme, vous vous réjouissez. Mais quand vous verrez les originaux qui étaient en vous au commencement, qui ne meurent jamais ni se manifestent, comment pourrez-vous le supporter ? »

    85.Jésus a dit :
    « Adam a été engendré d’une grande puissance et d’une grande richesse, et il n’était pas digne de vous. Car s’il avait été digne de vous, il n’aurait pas goûté à la mort. »

    86. Jésus a dit :
    « Les renards ont leurs tanières et les oiseaux leur nid ; mais le Fils de l’Homme n’a aucun endroit où poser sa tête et se reposer. »

    87. Jésus a dit :
    « Misérable est le corps qui dépend d’un corps et misérable est l’âme qui dépend des deux. »

    88.Jésus a dit :
    « Les anges viendront avec les prophètes et vous donneront ce qui vous appartient. Donnez-leur ce que vous tenez et dites-vous ceci : quand viendront-ils recevoir ce qui leur appartient ? »

    89.Jésus a dit :
    « Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe ? Ne saisissez-vous pas que celui qui a créé le dedans de la coupe est le même que celu qui a créé le dehors ? »

    90.Jésus a dit :
    « Venez à moi parce que mon joug est léger et mon autorité douce, et vous trouverez le repos. »

    91. Ils dirent à Jésus : « Dis-nous qui tu es, de sorte que nous croyions en toi. » Il leur répondit : « Vous étudiez la face du ciel et de la terre, mais vous ne connaissez pas Celui qui ici est devant vous, non plus que vous savez apprécier le moment présent. »

    92. Jésus a dit :
    « Cherchez et vous trouverez. Mais les choses sur lesquelles vous m’interrogiez autrefois, je ne vous les ai pas dites, mais maintenant que je souhaite vous les révéler, vous ne me les demandez pas. »

    93. Jésus a dit :
    « Ne donnez pas ce qui est pur aux chiens, de peur qu’ils ne le jettent dans le fumier. Ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les souillent. »

    94. Jésus a dit :
    « Celui qui cherche trouvera et à celui qui frappe on ouvrira. »

    95. Jésus a dit :
    « Si vous possédez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez plutôt à celui qui ne vous le rendra pas. »

    96. Jésus a dit :
    « Le royaume du Père est semblable à une femme qui a pris un peu de levain pour le cacher dans la pâte et en faire de gros pains. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

    97.Jésus a dit :
    « Le royaume du Père est semblable à une femme qui portait une cruche remplie de farine et marchait longuement sur la route. L’anse de la cruche s’étant brisé, la farine se déversa derrière elle sur la route. Comme elle ne le savait pas, elle ne s’en affligea point. Arrivée à la maison, elle posa la cruche par terre et la trouva vide. »

    98. Jésus a dit :
    « Le royaume du Père est semblable à un homme qui voulait tuer un personnage important. Il sortit d’abord son épée chez lui et transperça le mur, afin de vérifier si sa main serait sûre. Ensuite il tua le personnage important. »

    99. Ses disciples dirent à Jésus : «Tes frères et ta mère sont là dehors.» Il leur répondit: «Ceux qui ici font la volonté de mon Père, ce sont eux mes frères et ma mère. Ce sont eux qui entreront dans le royaume de mon Père.»

    100. On montra une pièce d’or à Jésus, en lui disant : « Les percepteurs de César exigent de nous des tributs. » Il leur répondit : « Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et ce qui est à moi, donnez-le moi. »

    101. Jésus a dit :
    « Celui qui ne renonce pas à son père et à sa mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Mais celui qui n’aime pas son Père et sa Mère comme moi ne pourra devenir mon disciple. Car ma mère m’a enfanté, mais ma Mère véritable m’a donné la Vie. »

    102.Jésus a dit :
    « Malheureux pharisiens ! Ils ressemblent à un chien couché dans la mangeoire des bœufs : il ne mange pas ni ne laisse les bœufs manger. »

    103.Jésus a dit :
    « Heureux l’homme qui connaît le lieu et l’heure de la venue des brigands. Il se lèvera et rassemblera ses énergies avant qu’ils ne pénètrent. »

    104. On dit à Jésus : « Viens, prionset jeûnons aujourd’hui. » Il répondit : « Quelle faute ai-je donc commise et en quoi suis-je esclave ? Mais quand l’époux sortira de la chambre nuptiale, alors qu’on jeûne et qu’on prie ! »

    105.Jésus a dit :
    « Appellera-t-on celui qui connaît le Père et la Mère fils de prostituée ? »

    106.Jésus a dit :
    « Quand vous verrez l’Unique dans le deux, vous serez Fils de l’homme et si vous dites à la montagne de s’éloigner, elle s’éloignera. »

    107.Jésus a dit :
    « Le Royaume est semblable à un berger possédant cent moutons. Le plus gros d’entre eux disparut. Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf autres et chercha l’unique, jusqu’à ce qu’il l’eût trouvé. Après cette épreuve, il dit au mouton : Je te veux plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres ! »

    108.Jésus a dit :
    « Celui qui boit à ma bouche sera comme moi. Moi aussi je serai lui et ce qui est caché lui sera révélé. »

    109.Jésus a dit :
    « Le Royaume est semblable à un homme ayant un trésor caché dans son champ. À sa mort, il le légua à son fils, qui, lui aussi, ignorait tout : il vendit le champ. L’acheteur s’amena. En labourant, il trouva le trésor et se mit à prêter de l’argent à usure à qui il voulait. »

    110.Jésus a dit :
    « Que celui qui a trouvé le monde et est devenu riche renonce au monde ! »

    111. Jésus a dit : « Les cieux et la terre passeront devant vous, mais le Vivant venu du Vivant ne connaîtra ni la mort ni la peur, parce que celui qui se trouve lui-même, le monde n’est pas digne de lui. »

    112. Jésus a dit : « Malheureuse est la chair qui dépend de l’âme ! Malheureuse est l’âme qui dépend de la chair ! »

    113. À ses disciples qui lui demandaient quel jour le Royaume viendrait, Jésus répondit: « Ce n’est pas en guettant qu’on le verra arriver. On ne dira pas : le voici, il est ici ! ni : voici le moment ! Le royaume du Père s’étend sur la terre, mais les hommes ne le voient pas. »

    114. Simon Pierre dit : « Que Mariam sorte d’ici, parce que les femmes ne sont pas dignes de la Vie. » Jésus répliqua : « Voici que je l’attirerai, pour la faire mâle, pour qu’elle aussi soit un esprit vivant, semblable à vous les mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux. »

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  • ÉVANGILE DE THOMAS L'ISRAÉLITE - NOMMÉE ÉVANGILE DE L'ENFANCE DE JÉSUS

     


     

        http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/thomas.htm


    LES ÉVANGILES APOCRYPHES   ÉVANGILE DE THOMAS L'ISRAÉLITE.

    Traduction française : GUSTAVE BRUNET

    Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer




     

    ÉVANGILE DE THOMAS L'ISRAÉLITE.




    C'est le seul écrit que nous possédions en grec de ceux, en assez grand nombre, qu'avaient composés au sujet des parents de Jésus et de sa nativité, des chrétiens mal dégagés des doctrines du judaïsme ou imbus des erreurs répandues dès les premiers siècles de l'église. Une portion de texte grec fut publiée pour la première fois et avec une exactitude scrupuleuse par Cotelier dans ses notes sur les Constitutions apostoliques,il l'avait trouvée dans un manuscrit du quinzième siècle, à la bibliothèque du roi. Déjà Richard Simon en avait dit quelque chose.[size=13][1][size=13] Fabricius reproduisit le texte et la version de Cotelier, en y joignant quelques notes. Mingarelli a donné plus tard le travail entier de Fabricius, et il s'est attaché à le compléter. Voir le douzième volume d'une Raccolta d'opuscoli scientifici e filologici,imprimée à Venise en 1764.[/size][/size]
    La bibliothèque impériale de Vienne possède un autre manuscrit de l’Évangile de Thomas; d'après le début tel que le rapporte Lambécius dans sesComment. de Bibl.Cœsar.Vindob.livre VII, il présente, avec le manuscrit parisien, des différences sensibles.
    Se servant d'un manuscrit conservé à Bologne, et qu'avait fait connaître Mingarelli, profitant d'un autre manuscrit du seizième siècle que renferme la bibliothèque de Dresde, Thilo a donné un texte bien supérieur à celui de ses devanciers ; il avoue cependant qu'il n'a pu bien établir certains passages qu'en recourant à la voie toujours un peu arbitraire des conjectures, et il regrette de n'avoir point découvert l'existence de quelque autre manuscrit qu'il aurait pu consulter avec profit.
    L'Évangile de Thomas porte les traces d'une rédaction manichéenne. Origène dans sa première homélie sur saint Luc, cite comme ayant une certaine autorité un Évangile secundum Thomam et juxta Mathiam ;ce passage a fort occupé les critiques, mais l'on s'accorde en général à y reconnaître un autre écrit que celui dont le texte nous est parvenu, et dont l'auteur est entièrement inconnu, texte où se rencontrent des formes de style qui ne permettent pas de le faire remonter au-delà du cinquième siècle.

     
     

    Livre de Thomas l'Israélite, philosophe, sur les choses qu'a faites le Seigneur, encore enfant.

     

      CHAPITRE Ier

     

    Moi, Thomas, Israélite, je m'adresse à vous tous qui avez été convertis des erreurs des païens à la foi chrétienne, afin que vous sachiez les merveilles de l'enfance de Notre Seigneur Jésus-Christ, et ce qu'il fit après qu'il fut né dans notre pays. Et ceci est le commencement :

    chapitre II.  

     

    L'enfant Jésus étant âgé de cinq ans (01), jouait sur le bord d'une rivière, et il recueillit dans de petites fosses les eaux qui coulaient, et aussitôt elles devinrent pures et elles obéissaient à sa voix. Ayant fait de la boue, il s'en servit pour façonner douze oiseaux, et c'était un jour de sabbat. Et beaucoup d'autres enfants étaient là et jouaient avec lui. Un certain juif ayant vu ce que faisait Jésus, et qu'il jouait le jour du sabbat, alla aussitôt, et dit à son père Joseph : « Voici que ton fils est au bord de la rivière, et il a façonné douze oiseaux avec de la boue, et il a profané le sabbat. » Et Joseph vint à cet endroit, et ayant vu ce que Jésus avait fait, il s'écria : « Pourquoi as-tu fait, le jour du sabbat, ce qu'il est défendu de faire? » Jésus frappa des mains et dit aux oiseaux : « Allez. » Et ils s'envolèrent en poussant des cris. Les Juifs furent saisis d'admiration à la vue de ce miracle, et ils allèrent raconter ce qu'ils avaient vu faire à Jésus.

    chapitre III.  

     

    Le fils d'Anne le scribe était venu arec Joseph, et prenant une branche de saule, il fit écouler les eaux que Jésus avait ramassées. Jésus voyant cela fut irrité et lui dit : « Homme injuste, impie et insensé, quel tort te faisait cette eau? Tu vas être comme un arbre frappé de sécheresse et privé de racines, qui ne produit ni feuilles, ni fruit. » Et aussitôt il se dessécha tout entier. Jésus s'en alla ensuite au logis de Joseph. Les parents de l'enfant qui s'était desséché le prirent dans leurs bras en déplorant le malheur qui le frappait dans un âge aussi tendre et ils le portèrent à Joseph contre lequel ils s'élevaient vivement de ce qu'il avait un fils qui faisait de semblables choses.

    chapitre IV.  

     

    Jésus traversait une autre fois le village, et un enfant, en courant, lui choqua l'épaule. Et Jésus irrité lui dit : « Tu n'achèveras pas ton chemin. » Et aussitôt l'enfant tomba et mourut. Des gens voyant ce qui s'était passé dirent : « D'où est né cet enfant? chacune de ses paroles se réalise aussitôt. » Et les parents de l'enfant qui était mort s'approchèrent de Joseph, lui dirent : « Tu as un enfant tel que tu ne peux habiter le même village que nous, ou bien apprends-lui à bénir et non à maudire, car il fait périr nos enfants. »

    chapitre V.  

     

    Et Joseph appelant à lui l'enfant, l'admonestait, disant : « pourquoi fais-tu ces choses-là? on prend de la haine contre nous et nous serons persécutés. » Jésus répondit : « Je sais que les paroles que tu viens de prononcer ne sont pas de toi, mais de moi ; je me tairai cependant à cause de toi, mais eux, ils subiront leur châtiment. » Et aussitôt ses accusateurs devinrent aveugles, et ceux qui virent cela furent fort épouvantés, et ils hésitaient, et ils disaient : « Chacune de ses paroles est suivie d'effet, soit pour le bien, soit pour le mal et amène des miracles. » Et lorsqu'ils eurent vu que Jésus faisait semblables choses, Joseph se levant, le prit par l'oreille et le tira avec force (02). L'enfant fut courroucé et lui dit : « Qu'il te suffise de chercher et de ne pas trouver; tu as agi en insensé; ne sais-tu pas que je suis à toi? car je suis à toi pour que tu ne me molestes nullement.

    CHAPITRE VI.  

     

    Un maître d'école, nommé Zacchée qui était près d'eux entendit Jésus parler ainsi à son père, et il s'étonna fort de ce qu'un enfant s'exprimât ainsi. Et peu de jours après il alla vers Joseph et il lui dit : « Ton enfant est doué de beaucoup d'intelligence ; confie-le moi afin qu'il apprenne les lettres, et je lui donnerai en même temps tout genre d'instructions, lui enseignant surtout à respecter la vieillesse et à aimer les gens de son âge. » Et il lui enseigna toutes les lettres depuis l'alpha jusqu'à l'oméga, expliquant nettement et soigneusement la valeur et la signification de chacune. Et Jésus regardant le maître Zacchée, lui dit : « Toi qui ignores la nature de la lettre Alpha, comment enseignes-tu aux autres ce que c'est que le Bêta. Hypocrite, enseigne-nous d'abord, si tu le sais, ce que c'est que la lettre Alpha et alors nous te croirons quand tu parleras de la lettre Bêta. » Et il se mit alors à presser le maître de questions sur la première lettre de l'alphabet et Zacchée ne put donner de réponses satisfaisantes. Et, en présence de beaucoup d'assistants, l'enfant dit à Zacchée : « Écoute, maître, quelle est la position du premier caractère, et observe de combien de traits il se compose, et combien il en renferme d'intérieurs, d'aigus, d'écartés, de rejoints, d'élevés, de constants, d'homogènes, d'inégale mesure. » Et il lui expliqua les règles de la lettre A (03).

    CHAPITRE VII.  

     

    Lorsque Zacchée entendit l'enfant exposer tant de choses, il resta confondu de sa science et il dit aux assistants : « Hélas! malheureux que je suis, je me suis donné un sujet de regret et j'ai attiré sur moi du déshonneur en attirant cet enfant chez moi; reprends-le, je t'en prie, mon frère Joseph ; je ne peux soutenir la rigueur de ses raisonnements, et je ne saurais m'élever jusqu'à ses discours. Cet enfant n'est pas né sur la terre; il peut avoir de l'empire sur le feu ; il a peut-être été engendré avant que le monde n'existât; j'ignore quel est le ventre qui l’a porté et quel est le sein qui l'a nourri; je suis tombé dans une grande erreur; j'ai voulu avoir un disciple et j'ai trouvé que j'avais un maître ; je vois, mes amis, quelle est mon humiliation, car moi, qui suis un vieillard, j'ai été vaincu par un enfant, et mon âme sera abattue, et je mourrai à cause de lui, et dès ce moment, je ne puis plus le regarder en face. Et quand la voix publique dira que j'ai été vaincu par un enfant, qu'aurai-je à répondre et comment parlerai-je des règles et des éléments du premier caractère après tout ce qu'il en a dit? Je ne connais ni le commencement, ni la fin de cet enfant Je t'en conjure donc, mon frère Joseph, ramène-le chez toi : il est quelque chose de grand, ou un Dieu, ou un ange, je ne sais. »

    chapitre VIII.  

     

    Et comme les Juifs donnaient des conseils à Zacchée, l'enfant se mit à rire et il dit : « Maintenant que les choses portent leurs fruits et que les aveugles de cœur voient : je suis venu d'en haut pour les maudire et pour les appeler à des objets plus élevés, ainsi que m'en a donné l'ordre celui qui m'a envoyé à cause de vous. » Et lorsqu'il eut finit de parler, aussitôt tous ceux qui avaient été frappés de sa malédiction furent guéris. Et, depuis ce temps, personne n'osait provoquer sa colère de peur d'être maudit de lui et frappé de quelque mal.

    CHAPITRE IX.  

     

    Peu de jours après, Jésus jouait sur une terrasse, au sommet d'une maison, et l'un des enfants qui jouaient avec lui, tomba du haut du toit et mourut; les autres enfants voyant cela, s'enfuirent, et Jésus descendit seul. Et lorsque les parents de l'enfant qui était mort furent venus, ils accusaient Jésus de l'avoir poussé du haut du toit, et ils le chargeaient d'outrages. Et Jésus descendit du toit et il s'approcha du cadavre de l'enfant, et il éleva la voix, il dit : « Zénin, (c’était le nom de l'enfant) lève-toi et dis-moi si c'est moi qui t'ai fait tomber. » Et l'enfant se levant aussitôt, répondit : « Non, Seigneur, tu n'as point causé ma chute, et bien au contraire, tu m'as ressuscité. » Et tous les spectateurs furent stupéfaits. Les parents de l'enfant glorifièrent Dieu à cause du miracle qui s'était opéré et ils adorèrent Jésus

    chapitre X.  

     

    Quelques jours après un jeune homme était occupé à fendre du bois, et sa hache lui échappa des mains, et elle lui fit au pied une profonde blessure, et il mourut ayant perdu tout son sang. Et comme l’on accourait vers lui et qu'il y avait une grande rumeur, Jésus alla avec les autres, et se faisant faire place, il traversa la foule, et il mit les mains sur le pied du jeune homme et aussitôt il fut guéri. Et il dit au jeune homme : « Lève-toi, fends du bois et souviens-toi de moi. » Et quand la foule eut vu ce qui s'était passé, tous adorèrent Jésus, en disant : « Vraiment, l'esprit de Dieu réside en cet enfant. »

      CHAPITRE XI.

     

    Lorsqu'il eut l'âge de dix ans, sa mère, lui donnant une cruche, l'envoya pour puiser de l'eau et pour la rapporter à la maison, et dans la foule, la cruche s'étant choquée, elle se brisa. Et Jésus étendit le manteau dont il était revêtu, il le remplit d'eau et le porta à sa mère. Et sa mère, voyant le miracle qu'il venait de faire, l'embrassa, et elle conservait dans son cœur le souvenir des merveilles qu'elle le voyait accomplir.

    CHAPITRE XII.  

     

    Le temps des semences étant venu, l'enfant Jésus alla avec son père pour semer du blé dans leur pays, et tandis que Joseph semait, l'enfant prit un grain de froment et le mit en terre, et ce grain seul produisit cent chorosde blé. Et, ayant réuni tous les indigents du village, il leur distribua du blé, et Joseph emporta ce qui resta. Et Jésus avait huit ans lorsqu'il fit ce miracle.

    CHAPITRE XIII.  

     

    Son père était charpentier et il fabriquait alors, des jougs et des charrues. Et un homme riche lui commanda de lui faire un lit. Et comme la règle dont se servait Joseph pour mesurer le bois ne pouvait lui servir en cette circonstance, l'enfant lui dit: « Place par terre deux pièces de bois et rends-les égales à partir du milieu. » Joseph fit ce que lui avait recommandé l'enfant, et Jésus se tenant de l'autre côté, joignit le bois, et il tira vers lui la pièce qui était la plus courte, et s'allongeant sous sa main, elle devint égale à l'autre. Et son père Joseph voyant cela, fut dans l'admiration et il dit, en embrassant l'enfant : « Je suis heureux que le Seigneur m'ait donné un tel enfant. »

    chapitre XIV.  

     

    Joseph voyant que l'enfant croissait en âge, voulut qu'il apprit les lettres, et il le conduisit à un autre maître. Et ce maître dit à Joseph : « Je lui enseignerai d'abord les lettres grecques et ensuite les lettres hébraïques. » Le maître connaissait toute l'habileté de l'enfant et il le redoutait; il écrivit cependant l'alphabet, et quand il voulut interroger Jésus, Jésus lui dit : « Si tu es vraiment un maître, et si tu as la connaissance exacte des lettres, dis-moi quelle est la force de la lettre alpha, et je te dirai quelle est la force de la lettre bêta. » Le maître irrité le poussa et le frappa à la tête. L'enfant courroucé de ce traitement, le maudit et aussitôt le maître tomba sans vie sur son visage. Et l'enfant revint au logis de Joseph, Joseph fut très affligé et il dit à la mère de Jésus : « Ne le laisse pas franchir la porte de la maison, car tous ceux qui provoquent son courroux sont frappés de mort. »

    CHAPITRE XV.  

     

    Et, quelque temps après, un autre maître, qui était parent et ami de Joseph, lui dit : « Conduis cet enfant à mon école ; peut-être je réussirai à lui enseigner les lettres, en usant à son égard de bons traitements. » Et Joseph lui dit : « Prends-le avec toi, frère, si tu l'oses. » Et il le prit avec lui avec crainte et regret ; l'enfant allait avec allégresse. Et entrant avec assurance dans l'école, il trouva un livre qui était par terre, et le prenant, il ne lisait pas ce qui était écrit; mais ouvrant la bouche,il parlait d'après l'inspiration de l'Esprit-Saint, et il enseignait la loi aux assistants. Et une grande foule l'entourait, et tous étaient dans l'admiration de sa science et de ce qu'un enfant s'exprimait de cette façon. Joseph, apprenant cela, fut effrayé, et il courut à l'école, craignant que le maître ne fût sans instruction. Et le maître dit à Joseph : « Tu vois, mon frère, que j'avais pris cet enfant pour disciple, mais il est plein de grâce et d'une extrême sagesse; je t'en prie, mon frère, ramène-le dans ta maison. » Quand l'enfant l'entendit, il sourit, et dit : « Parce que tu as bien parlé, et comme tu as rendu bon témoignage, celui qui a été frappé, sera guéri à cause de toi. » Et aussitôt l'autre maître fut guéri. Et Joseph prit l'enfant et il alla dans sa maison.

    chapitre XVI.  

     

    Joseph envoya son fils Jacques pour lier du bois et pour le porter à la maison, et l'enfant Jésus le suivit. Et lorsque Jacques ramassait des branches d'arbre, une vipère le mordit à la main. Et lorsqu'il était au moment de périr, Jésus s'approcha, et il souffla sur la morsure, et aussitôt la douleur cessa, et le reptile creva, et Jacques demeura complètement guéri.

    chapitre XVII.  

     

    Par la suite, il advint que l'enfant d'un des ouvriers de Joseph tomba malade, et il mourut, et sa mère pleurait beaucoup. Jésus entendit le bruit des sanglots et du deuil, et il se hâta d'accourir, et lorsqu'il eut trouvé l'enfant mort, il lui toucha la poitrine, et il dit : « Je te commande, enfant, de ne point mourir; vis et reste avec ta mère. » Et aussitôt l'enfant se releva et rit. Et Jésus dit à la mère : « Prends-le et donne-lui du lait, et souviens-toi de moi. » Et quand le peuple qui était là eut vu ce miracle, il disait : « Cet enfant est vraiment un Dieu ou l'ange de Dieu, car tout ce qu'il prescrit s'exécute aussitôt. » Et Jésus s'en alla jouer avec les autres enfants.

     CHAPITRE XVIII.

     

    Quelque temps après, comme l’on construisait un édifice, il s'éleva un grand tumulte, et Jésus alla à cet endroit, et voyant un homme qui gisait sans vie, il lui prit la main et lui dit : « Je te le dis, homme! lève-toi, et reprends ton ouvrage. » Et aussitôt le mort se leva et l'adora. Et la foule fut frappée de stupeur, et elle disait : « Vraiment cet enfant vient du ciel, et il a préservé bien des âmes de la mort et il les préservera tout le temps de sa vie. »

    chapitre XIX.  

     

    Lorsque Jésus eût l'âge de douze ans, ses parents allèrent, suivant l'usage, à Jérusalem pour la fête de Pâques, en compagnie d'autres personnes, et après la fête ils s'en retournèrent chez eux. Et tandis qu'ils cheminaient, l'enfant Jésus retourna à Jérusalem, et ses parents croyaient qu'il était avec ceux qui les accompagnaient Et après avoir fait une journée de route, ils le cherchèrent parmi leurs parents et ne le trouvèrent pas ; alors ils revinrent à la ville pour le chercher, et le troisième jour ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, et les écoutant, et les interrogeant, et expliquant la loi. Et tous étaient attentifs et s'étonnaient de ce qu'un enfant embarrassât et pressât de questions les anciens et les maîtres du peuple, dissertant sur les points de la loi et sur les paraboles des prophètes. Et sa mère Marie, s'approchant de lui, lui dit : « Pourquoi as-tu agi ainsi, mon fils? Nous étions dans l'affliction et nous te cherchions. » Et Jésus lui dit : « Pourquoi me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas qu'il faut que je sois avec ceux qui sont à mon père? » Alors les Scribes et les Pharisiens dirent à Marie : « Es-tu la mère de cet enfant? » Elle répondit : « Je le suis. » Et ils lui dirent : « Tu es heureuse parmi toutes les femmes, car Dieu a béni le fruit de ton ventre ; nous n'avons jamais vu ni entendu tant de gloire, tant de sagesse et tant de vertu. « Et Jésus se levant, suivit sa mère, et il était soumis à ses parents. Et sa mère conservait dans son cœur le souvenir de tout ce qui se passait. Et Jésus croissait en sagesse, en grâce et en âge. A lui gloire dans tous les siècles Amen.





    NOTES.

     

    (01) Augustin Giorgi, dans son Alphabetum thibetanum(Rome, 1762, 4°, p. 385) croit qu'il faut lire sept ans; il se fonde sur ce que l'âge indiqué au vingt-sixième chapitre de l’Evangile arabe de l’Enfanceet sur la similitude de cette légende avec celle de Manès, dont la septième et la douzième année sont signalées par des événements remarquables. Ce savant regarde l'Évangile de Thomas comme une production manichéenne. Tous les manuscrits portent cinq ans, et nous avons dû conserver cette leçon.
    (02) Chez les anciens, tirer quelqu'un par l'oreille était une façon de réprimande et d'admonition fort en usage. Virgile a dit dans sa sixième églogue : Cynthius aurem vellit et admonuit.Calpulnius et Ovide emploient des expressions analogues. Voir d'ailleurs Erasme sur le proverbe :Aurem vellere.
    (03) Il s'agit ici du sens mystique de la lettre A, prise peut-être comme un symbole divin. Les expressions de notre légende se rapportent bien plus à la forme que présente en hébreu et surtout en arménien, la première lettre de l'alphabet qu'à celle qu'elle présente en grec. Il n'est pas hors de propos de transcrire ici un passage du voyage de Chardin, (t. ix, p. 124, de l'édition de 1811). « Leurs légendes (celles des chrétiens répandus dans la Perse), contiennent tous les contes qu'il y a dans les légendes des chrétiens orientaux et notamment dans une légende arménienne, intitulée l'Évangile-Enfant (de l'enfance?)qui n'est qu'un tissu de miracles fabuleux; comme entre autres que Jésus-Christ voyant Joseph fort affligé d'avoir scié un ais de cèdre trop court, il lui dit : Pourquoi êtes-vous si affligé? donnez-moi l’ais par un bout et tirez l'autre ; et l'ais s'allongea. Qu'étant envoyé à l'école pour apprendre l'a b c, le maître lui voulant faire dire a, il s'arrêta et dit au maître : Apprenez-moi, auparavant, pourquoi la première lettre de l'alphabet est ainsi faite; sur quoi le maître le traitant de petit babillard, il répondit : Je ne dirai point a, que vous me disiez pourquoi la première lettre est ainsi faite. Le maître se mettant en colère, Jésus lui dit : Je vous rapprendrai donc moi. La première lettre de l'alphabet est formée de trois lignes perpendiculaires sur une ligne diamétrale (l’A arménien est ainsi fait à peu près comme une M renversée) pour nous apprendre que le commencement de toutes choses est une essence en trois personnes.
    Quant au sens mystérieux que les cabalistes se sont efforcés de trouver à une foule de lettres, de mots de la Bible, ce que nous connaissons de plus lucide à cet égard, c'est l’Exercitatio de cabbalaque Theod. Hackspannius a placé à la suite de ses Miscellaneorum sacrorum libri duo,(Altdorphii, 1660, 8°, p. 282 et 519). Pour donner une idée de ces combinaisons puériles, nous ferons remarquer que le serpent d'airain est regardé comme l'emblème du Messie, parce que les lettres des mots narrasch (serpent), et machiach(messie), prises dans leur valeur numérique, donnent le même chiffre, 358. On a remarqué que le mot berith(alliance, pacte) employé dans Jérémie (ch. 33, v. 25), donne la somme de 612, tout comme en hébreu le nom de Jésus et de Marie. On forme des mots avec les lettres majuscules d'une phrase entière, on en forme avec les premières lettres de chaque mot, l'anagramme multiplie ces combinaisons à l'infini, mais cette cabale qui cherche un sens mystique tout autre que le sens littéral, qui se perd dans ces permutations, ces combinaisons et ces calculs sur la valeur numérique des lettres de l'alphabet, est rejetée par les plus éclairés des docteurs hébreux; ceux-ci entendent par cabale une théosophie mystique, une philosophie spéculative : deux systèmes règnent dans cette cabale ; l'un a pris son origine lors de la captivité de Babylone ; les dogmes de Moïse s'y sont mêlés avec les croyances des Chaldéens et des Perses ; on y trouve la métempsycose, les génies des deux sexes, tenant le milieu entre l'ange et l'homme, etc. ; le second système, plus métaphysique, transaction entre le monothéisme de Moïse et le panthéisme des philosophes grecs, a pris naissance dans l'école d'Alexandrie ; c'est une branche des doctrines gnostiques. On peut consulter d'ailleurs un article curieux de M. Munck, dans le Dictionnaire de la Conversation,et le travail important que M. Frank a publié en 1843. Il avait déjà été inséré en partie dans les Mémoires de l'Institut (Académie des Sciences mor. et polit. — Savants étrangers, t i, p. 195-348). Nous indiquerons aussi à des lecteur» intrépides : Reachlin, de arte cabalistica,Haguenae, 1517, f°; Gaffarel,Abdita divinœ cabalœ mysteria,Paris, 1623, 4° ; le recueil de Pistorius, Artis cabalisticae scriptores,Bale, 1587 f°; les quatre in-quarto qu'a compilés Knorr de Rosenroth, Cabala denudata,1677-1684; de la Nauze, Mémoires sur l'antiquité et sur l’origine de la cabale,(Mém. de l'Acad. des inscript., t. ix, p. 37, ). L'érudition allemande nous offre les écrits de Kleuker (sur l’origineet la nature de la doctrine de l’émanation chez tes cabalistes,Riga, 1786, 8°) de L. Béer (Histoire et doctrines de toutes les sectes du judaïsme et de la cabale,Brunn, 1822, 2 vol. 8°), de A. Tholuck (de ortu cabalœ, Hamburghi,1836-37, 2 part. 4°) ; de Freystadt, (Philosophia cabalistica et Pantheismus, Regiomont.1832, 8°). Voyez aussi Schramm : Introductio in dialect.Cabalœorum.Helmst.1732, 8°. On trouve des exemples de cette importance attachée aux lettres à des époques plus récentes que notre ère. — Le musée britannique possède un manuscrit copte, encore inédit ; c'est l'œuvre d'un prêtre nommé Atasius. Cet écrivain donnant un sens mystique à la forme et à l'arrangement des lettres de l'alphabet grec, s'en sert comme d'une base où il appuie ses théories sur Dieu, l'âme humaine, l'origine du bien et du mal. Ajoutons enfin que le Sepher lecirah(ou livre de la Création),l'une des productions les plus anciennes et les plus remarquables de la Kabale, (voir le Dictionnaire des Sciences. Philosophiques,tome iii, p. 383), veut montrer dans les éléments de la parole, dans les matériaux indispensables du discours représentés par les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, les mêmes rapports, les mêmes harmonies, les mêmes contrastes qui marquent le plan de la création. Ces vingt-deux lettres, combinées avec les dix premiers nombres, forment les trente-deux voix merveilleuses de la sagessepar lesquelles Dieu a formé le monde. Regardant la création comme un acte d'amour, une bénédiction,les Kabbalistes nous disent, comme un fait très significatif, que la lettre par laquelle Moïse a commencé le récit de la Genèseentre la première aussi dans le mot qui en hébreu signifie bénir.


     

     





    [1]Ce laborieux et hardi critique s'exprime ainsi dans ses Nouvelles observations sur te texte du Nouv. Test.« Je mets au nombre de ce « faux Évangile » un de ceux attribués à saint Thomas dont j'ai trouvé un assez long fragment à la Bibliothèque du roi ; quoique ce manuscrit ne soit pas vieux, on ne peut douter cependant que cette pièce ne soit ancienne et qu'elle n'ait été fabriquée par quelques gnostiques. Il paraît qu'il avait existé également un Evangile attribué à saint Thomas l'apôtre, mais il n'en est rien parvenu jusqu'à nous. » Ce n'est pas ici le lieu d'examiner sur quels fondements repose la tradition qui fait de cet apôtre le premier missionnaire qui ait prêché la foi dans les Indes. On trouvera de nombreux témoignages recueillis à cet égard dans l'ouvrage de MM. Martin et Cahier sur les vitraux de la cathédrale de Bourges (1841-44, grand in folio p. 134).
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